Le mercredi 21 mai 2003.
PRINCIPES
La lecture intégrale est l’occasion, si possible, de tenter de concilier les intérêts des élèves et la nécessité pour nous de leur faire étudier des auteurs, des thèmes, des genres, des structures narratives, etc. notamment par le biais de la lecture en réseau, à savoir l’introduction d’un groupement de livres au sein de la classe. Le réseau de livres permet de répondre à la diversité des goûts mais surtout des capacités, souvent bien prononcée dans les classes vraiment hétérogènes... Il permet également de juxtaposer littérature "classique" et littérature de jeunesse, cette dernière n’ayant souvent rien à envier à la première si les titres sont bien choisis...
COMMENT
Il n’est pas question bien sûr de constituer un réseau n’importe comment. Les modalités de travail peuvent certes varier à l’infini, selon les besoins des élèves, nos objectifs et nos envies, mais si l’on veut proposer un minimum de travail en commun à la classe, le professeur assurant les synthèses, il faut élaborer un groupement qui pourra se faire autour :
d’un genre littéraire : conte, fantastique, policier, science-fiction, ...
si possible en corrélation avec un thème, voire un sous-thème : les histoires de machines (ordinateurs ou mondes virtuels ou de clonage dans la science-fiction, le double, les vampires dans les histoires fantastiques, les nouvelles fantastiques de Maupassant , etc., afin que le réseau soit cohérent et permette un travail commun.
d’un thème mais très structurant, tels les bandes d’adolescents, les pirates, le pacte avec le diable ... Dans ce cas, on trouvera, à l’inverse, différents genres et registres possibles (réalisme, fantastique, aventure, parodie, humour, science-fiction, héroïc-fantasy, etc.)
d’un auteur : Gudule, Roald Dahl, Thierry Lenain, Daniel Pennac, Michel Tournier, Pierre Gripari, etc.)
d’une modalité d’écriture : des journaux intimes, des lettres, un narrateur inattendu, des narrations complexes, ...
d’une notion transversale : l’humour, le non-sens, l’insolite, la métamorphose, ...
d’une image symbolique forte : l’île, les animaux inquiétants comme la pieuvre ou le requin, les cités idéales ou totalitaires.
POURQUOI
Le réseau permet ainsi à l’enseignant de diversifier considérablement les objectifs, donc les activités, dont la lecture longue peut-être le support :
découvrir les variations et les thèmes communs dans plusieurs ouvrages d’un même auteur,
mettre à jour les lois et les exceptions d’un genre,
découvrir les multiples facettes d’un thème,
faire prendre conscience de diverses modalités d’écriture,
autant d’apprentissages dominants liés au réseau choisi.
En effet la lecture et l’étude d’une seule œuvre ne permettent pas la comparaison et n’incitent pas souvent à des lectures personnelles : en revanche le fait d’introduire plusieurs livres induit d’emblée ce principe et au bout du compte les élèves ont bien souvent lu davantage, de façon beaucoup plus active : les livres s’échangent, des comparaisons s’établissent, une culture se crée...
Le réseau de livres, enfin, peut : soit enrichir le travail mené de façon détaillée autour d’un « livre- phare » choisi pour sa richesse ou les intérêts diversifiés qu’il recèle, soit constituer l’intégralité du travail de lecture intégrale, dans ce cas, le travail de groupe sera encore plus souvent privilégié.
Dans le premier cas, le réseau fourni en amont créera une mini-culture commune dans la classe sur l’objet de travail retenu ; fourni en aval, il permettra un prolongement et un approfondissement sur le sujet.
L’enseignant marie ainsi lecture intégrale et lecture cursive.
Jean-François Inisan. Elizabeth Vlieghe
IUFM Nord-Pas de Calais
Pour Passages