Le samedi 10 avril 2004.
Après la première, voici une deuxième sélection autour de la lettre, comprenant des albums, des récits pour les plus jeunes, des récits parodiques et humoristiques, des récits policiers, des histoires d’amitié mais également des recueils de lettres authentiques ...
Lettres de mon lapin : Félix fait le tour du monde . Editions Griffon. (1994), Félix fait son cirque (2001) et Félix voyage dans le temps Librairie du Petit Jour (2002) de A. Langen et C. Droop.
Sophie perd son lapin en peluche à l’aéroport alors qu’elle rentre de vacances. Elle reste inconsolable jusqu’au jour où elle reçoit une lettre de Londres : c’est Félix qui fait le tour du monde. Il lui écrit de chaque grande ville, ce qui bien sûr, est prétexte à maintes descriptions et informations. La dernière lettre, expédiée de New-York annonce le retour imminent de Félix qui a hâte de revoir Sophie !
Dans les récits suivants, rédigés et présentés selon le même principe (voir ci-dessous), Félix est enlevé et suit les pérégrinations d’un cirque que Sophie et le lecteur vivent par lettres interposées. Dans l’aventure suivante, il voyage dans le temps et se retrouve tour à tour au Moyen-Age, chez les Vikings et dans la Grèce antique.
Le gentil facteur ou lettres à des gens célèbres de Janet et Allan Ahlberg. Albin Michel. 1987.
Ingénieux et inventif, un petit album au succès garanti ! Un gentil facteur est chargé de distribuer des lettres à des personnages célèbres de la littérature enfantine, tels les Trois Ours, la Sorcière, le Géant, Cendrillon, etc. Ces lettres sont reproduites en fac-similé dans leurs enveloppes. Toutes les variations sont alors permises dans la parodie : lettre d’excuses, carte postale de vacances, lettre d’huissier, etc...
Le facteur du Père Noël de J. et A. Ahlberg. Gallimard Jeunesse. 1992.
Forts de leur succès précédent, les auteurs ont récidivé ... Même principe : le gentil facteur porte des lettres à Petit Ours, au Petit Chaperon Rouge, au Bonhomme de pain d’épice, au Loup, etc...Les enveloppes rivalisent d’inventivité et leur contenu n’est pas moins intéressant : jeu de l’oie, puzzle, mini-livre, théâtre de poche ...
Où es-tu petit facteur ? de J. et A. Ahlberg, adapté par C. Lauriot Prévost. Gallimard Jeunesse. 1996.
Cette fois-ci, nos deux complices ont utilisé vers s’il vous plait ! Le facteur a rétréci et il se promène au pays des contes de fées où il côtoie Alice, le loup, le magicien d’Oz et autres personnages ... Heureusement, on fournit au lecteur la loupe pour suivre le héros à la trace ! Le gentil facteur retrouve sa taille en se réveillant de son évanouissement ; quelques jours de repos, de potions et de la lecture ne lui feront pas de mal, encore que ...
Même principe de composition, toujours aussi inventif et ingénieux.
Il court, il court le père Noël ! de L.Moureaux/ C. Hanke. "Le sourire qui mord". 1982.
A chaque scripteur son style ! La parodie est au rendez-vous. Ces lettres au père Noël illustrées de façon si humoristique déclenchent le rire assurément ! Je vous renvoie à la démarche proposée par Denis Fabé ...
Les lettres au père Noël de N. De Hirsching in "Autour de l’arbre de Noël". Rageot Editeur.
Quatre personnages envoient leur commande au père Noël, mais celui-ci se trompe et reçoit néanmoins les remerciements de chacun, qui malgré l’erreur y a trouvé son compte : le Capitaine Rémi Litère redécouvre le plaisir de jouer avec sa petite fille, Rémo Viette prend des kilos et devient pâtissier, Mamie Brioche se met à la gymnastique et Adeline libère son agressivité !
Facile à lire, exercices possibles sur l’identité des scripteurs par exemple.
Mon carnets de cartes postales de T. Oubrerie. Hachette Livre. Gautier-Languereau. 2003.
Tom Ferchau tombe de l’arbre où il était monté fabriquer une cabane. Son bassin est cassé : un mois d’hôpital puis un mois de rééducation l’attendent ! La maîtresse suggère que chaque élève envoie une carte postale depuis son lieu de vacances. Tom se constitue ainsi un album de vingt-cinq cartes postales manuscrites qui témoignent du goût ou de la répulsion de chacun à écrire ! Qu’elles viennent de Cambrai, de Corse, d’un camp de naturistes ou de Venise, chacune raconte un bout de vie, que l’anecdote soit piquante ou banale ... L’an prochain, ce sera le tour de Rémi Bourboule qui fait otite sur otite.
Album facile et amusant, couleurs vives et facs-similé.
La boîte aux lettres de souriceau de R. Detambel. Poche Benjamin. Hachette Jeunesse. 1999.
Souriceau étant tombé amoureux de Souricette, il entame avec elle une correspondance aussi enflammée que poétique et inventive. Celle-ci répond à sa flamme en utilisant également des jeux d’écriture (acrostiches par exemple). Mais l’affreux Rat Minagrobis les surveille. Aidé de sa clique, il enlève Souriceau pour forcer Souricette à l’épouser ! Grâce aux messages secrets de son amoureux, elle retrouve celui-ci et le délivre ...
Une histoire humoristique et pleine d’astuce comme l’auteure sait en écrire, jeux de mots et d’écriture au sein des lettres et à la fin du livre. Lettres insérées dans le récit.
Les lettres de Biscotte Mulotte de AM. Chapouton. Castor poche Cadet. Flammarion. 1992. (Réédition album 2004).
Une mulotte, qui habite dans un trou de la salle de classe de cette école maternelle, écrit un jour aux enfants. Ceux-ci se prennent au jeu et dictent leur réponse à la maîtresse. Lorsque Biscotte tarde trop à leur répondre, ils s’inquiètent et s’énervent... Au fil de leur correspondance, ils apprennent à la connaître, elle et sa famille, lui offrent de menus cadeaux et des dessins. L’année s’écoule au gré des événements quotidiens, rhumes, bêtises, inondations, et des progrès effectués par les enfants, jusqu’au jour où Biscotte annonce son départ pour une région plus ensoleillée... Tristes, ils gardent néanmoins l’espoir qu’elle revienne un jour...
Lettres insérées dans le récit. Pour les plus jeunes.
Courrier de chien de C. Crovi. Diabolo n° 16. Milan. Février 1989.
Il s’agit d’un petit récit, qui pourrait figurer dans un réseau autour des narrateurs animaux, constitué des lettres que Jupiter, un chien amoureux, envoie à Bouboulina, la chienne qu’il a rencontrée durant l’été, mais celle-ci l’a bel et bien oublié...
Les émigrantes . Mikado n°56. Milan. Juin 1988.
Echange de lettres, au siècle dernier, entre une mère restée en Irlande et ses deux filles parties en Amérique pour fuir la famine. Encadrement par une première lettre, écrite par une descendante, datée de notre époque, ce qui implique donc un retour en arrière intéressant à montrer aux élèves, et une dernière, rédigée par le curé de la paroisse qui apprend aux filles la mort de leur mère.
Nombreuses possibilités de travailler sur la chronologie et sur temps de la fiction - temps de la narration. [1]
Qui a piqué le courrier de la classe verte ? de N. de Hirsching et F. Joly. Casterman. 2001.
De la parodie à souhait dans cet album désopilant qui livre au lecteur les lettres (jamais parvenues à leurs destinataires comme en témoigne le procès-verbal introductif signé par Bertrand Plissépoches, le maire de Savaux-le-Détour !) rédigées par les élèves de Irma Cran, institutrice partie pour quinze jours en séjour « Nature ». Que ce soit Jacky Lasmala qui écrit à l’une de ses sept grands-mères, Adrien Nadir dont chaque lettre est la réduction de la précédente déjà extrêmement laconique, Sophie Latriche qui dupe sa maîtresse ou Thimothée Lemauvais qui écrit en phonétique, autant de trouvailles linguistiques et humoristiques qui dérident. Mais le plaisir décuple à la lecture des lettres de l’enseignante (elle oblige les élèves à se servir du traitement de texte mais écrit à la main !) à sa mère, sa voisine, une amie ou à la société « Relamax » et surtout à celle des « contre-lettres » qu’elle adresse aux parents ! Ces dernières commencent toujours par la même dénégation (non d’habitude elle ne lit pas le courrier des enfants ! ! !) pour mieux la contredire et, comme dans le premier opus (voir ci-dessous) porter toutes sortes de jugements de valeur ...
Si on a aimé, on lira Qui a piqué les contrôles de français ? (1999) et Qui a piqué les poèmes de fête des mères ? (2003), conçus selon le même principe, avec les mêmes personnages : encadrement, noms d’élèves, professeure des écoles « déjantée » qui ne peut s’empêcher de mettre son grain de sel partout. Très réjouissant ! Le troisième titre démarre par un rapport d’inspection digne d’anthologie !
Lettres à Sarah de E. Bocherset/ W. Schlote. Gallimard. 1978.
D’un père à sa fille. Chaque lettre part d’une capitale d’Europe et adopte un genre, un style ou un ton différents : journal, poème, conte ... Bel album, grand format.
50 jours pour devenir parfaitement méchant, 50 jours pour devenir un vrai dur, 3 jours pour faire trembler un fantôme, 15 jours pour répondre aux timbrés, 43 jours pour devenir un parfait détective et Petit Loup, chef de bande de I. Whybrow. Romans 8 et plus. Casterman. 1995 à 2003.
Dans le premier opus de ses aventures, Petit Loup est envoyé par son père Akela chez le frère de celui-ci, Grovilain, afin d’y apprendre les Neuf Vilaines Règles à l’Ecole des Crapules et d’y obtenir son insigne de Vilain. En effet, ses parents le trouvent beaucoup trop sage et obéissanr ! Mais rien ne se déroule comme prévu : après de multiples aventures et notamment sa rencontre avec le renard Toto-l’Escroc, Petit Loup est mal accueilli par son oncle. Il se débrouille comme il peut pour apprendre, souvent à ses dépens, les Vilaines Règles et nourrir son oncle qui finit par le chasser. Il fait la connaissance de louveteaux et de leur chef de meute, qui, eux, lui apprendront tout ce qu’il faut pour survivre ! Sans imaginer les conséquences de leur geste, ils lui fourniront les haricots péteurs dont se goinfrera tant l’oncle qu’il en explosera ! Petit Loup se retrouve donc seul, à la tête d’une fortune, car il a retrouvé tout l’or amassé par son oncle. Devenu un vrai louveteau, il décide de fonder l’Institut de l’Aventure et d’y faire venir son frère Michkipu et son cousin et ami Crijaune.
Quand ces derniers sont arrivés (deuxième tome), ils découvrent encore de l’or mais se font escroquer par Mister Merveille alias Toto l’Escroc, qui enlève Michkipu et tout l’or ! Petit loup et Crijaune, aidés de leur premier et unique élève, Microbe le corbeau, les poursuivent dans la neige. Ils réussiront, grâce à l’apparition inattendue du fantôme de Grosvilain, à mettre en fuite Toto l’Escroc. L’école peut donc être rebaptisée en « Château Hanté des petits spectres », école de la frousse !
Six récits humoristiques et parodiques, uniquement sous forme de lettres, mettant en scène le même personnage, Petit Loup ainsi que sa famille et/ou ses amis. De nouvelles aventures à chaque fois, qui permettent à chacun de grandir et de vaincre ses peurs. C’est lui qui écrit à ses parents, restés au fond de « la Tanière qui pue », au pays de Ténèbres. Nombreuses trouvailles linguistiques et jeux de mots.
Lettres d’un oncle perdu de M. Peake. Romans 10 et plus. Casterman. 1997.
Réédition d’un classique anglais, illustré par l’auteur lui-même.
Ces quatorze lettres d’un vieil oncle aventurier à son neveu font office de journal intime ... Parti avec son fidèle Jackson à la recherche du merveilleux Lion Blanc dans l’Arctique, l’oncle y vit des aventures aussi extraordinaires et dépaysantes que farfelues, racontées et illustrées avec humour.
Agathe en flagrant délire de Sarah Cohen-Scali. Cascade Policier. Rageot Editeur. 1996.
Un récit policier peu banal signé par une spécialiste du genre et des intrigues sophistiquées. Je me garderai donc de dévoiler complètement l’intrigue... Le commissaire Joffre reçoit deux nouvelles et une première lettre signée « Agathe » : l’expéditrice lui indique qu’elle a l’intention de publier un recueil de nouvelles qui relateront toutes des meurtres réellement commis. Les deux premiers sont déjà accomplis et la meurtrière somme le commissaire, chargé d’enquêter, de correspondre avec elle en échange d’indices ! Vingt quatre lettres seront ainsi échangées entre le commissaire et la mystérieuse criminelle dont il finira par cerner enfin l’identité réelle. Elles retracent un jeu de cache-cache entre les protagonistes, semé de chausse-trappes, de fausses pistes et de vrais indices. Elles sont entrecoupées de nouvelles rédigées par « celle » qui se veut avant tout écrivain, montant des machinations aussi réelles que littéraires. Les proches des deux personnages seront par ailleurs très impliqués dans l’affaire...
Un récit surprenant dont il ne faut pas perdre le fil, qui peut également se lire comme une métaphore de la création littéraire dans ce qu’elle peut comporter de démesure et, comme le dit si bien le titre, de folie.
Les Massachusetts prennent la plume de Régine Detambel. Folio Junior. Gallimard. 1997.
Un ton plus léger pour ce petit roman épistolaire, qui fait s’entrecroiser trois enquêtes menées en parallèle. Manon, qui ne se sépare jamais de son mainate, Louis et Vivian se connaissent depuis la maternelle et ont fondé une agence de détectives « Les Massachussetts ». Dispersés aux quatre coins de la France pour les vacances, ils échangent une correspondance pour se tenir au courant de leurs occupations : chacun s’est trouvé une affaire à élucider ! Manon est mise par ses cousins Ludo et Cyrille sur la piste de jumeaux voleurs d’un timbre qui vaut une fortune, Vivien enquête sur le meurtre d’un plongeur empoisonné dont le cadavre mutilé a été retrouvé sur la plage et Louis engage la filature de son voisin, M. Robinet, soupçonné de tromper sa femme... Chacun expose aux autres et au lecteur ses tâtonnements, la découverte des indices et les initiatives prises pour résoudre le mystère tout en sollicitant aide et conseil.
Des personnages à la personnalité différente mais tout aussi efficaces les uns que les autres, de l’humour et des références culturelles.
De ma téci, je t’écris de C. Nadaud. Mini Souris sentiments. Syros jeunesse. 1999.
Léa, la narratrice, et toutes ses copines dont le prénom se termine par « a » vivent dans la cité dont elle raconte en les commentant les petits et les grands événements ... Sa copine Olga perd brutalement son père, usé par le travail : malgré la solidarité qui s’exerce autour d’elles, Olga, sa sœur Christina et leur mère repartent au Portugal et tous sont tristes. Heureusement, une institutrice leur suggère de s’écrire, ce qui permet enfin à Olga de dire à quel point elle trouve Nadir gentil. Léa va aider ce dernier à lui répondre : la correspondance évitera l’oubli même si, dans la cité, la vie sans Olga continue.
Un récit tout simple et très court qui met en avant l’amitié possible au sein d’une cité multi-éthnique à taille humaine. Lettres insérées dans le récit.
Je t’écris de G. Caban/ D. Zehrfuss. Folio Cadet. Gallimard. 1987. Repris et enrichi sous le titre Je t’écris, j’écris . Folio Cadet rouge. Gallimard. 1995. (Programme 5e/4e)
Serment d’enfants : "Promis, juré, je t’écris !". La narratrice tient fidèlement sa promesse, écrivant chaque jour de son lieu de vacances. En vain ! Les réponses se font attendre et quand il y en a, elles sont décevantes... Finalement, elle se consolera sur place suite à l’arrivée d’un nouveau voisin...
Touchantes et attendrissantes, ces petites lettres si joliment illustrées, feront les délices de nombreux élèves. Elles ont fait celles de Denis Fabé qui a concocté une activité pour les siens !
Dans la réédition, la narratrice a décidé de ne plus écrire à X qui ne lui répondait pas et continue de raconter ses vacances dans son journal intime : elle baptise le garçon d’à côté "Grogne", puis "l’Affreux" et enfin "le Fou", selon ses agissements... C’est une chronique du quotidien qui s’achève sur une note optimiste, le Fou l’incitant à appeler son amoureux pour dissiper le malentendu : ce dernier ne savait pas exprimer ses sentiments !
Kalinka Malinka de E. Reberg. Mouche. Ecole des Loisirs. 1990.
Que faire lorsque votre meilleure amie déménage ? Lui écrire, pardi ! Mathilde écrit ainsi chaque jour à Elodie : elle lui raconte la rentrée et lui parle surtout de la nouvelle maîtresse qui la force à chanter et qu’elle n’aime pas du tout. Cela devient même une obsession qu’Elodie n’a pas l’air de très bien comprendre ... Mais peu à peu, Mathilde apprend à connaître vraiment celle qu’elle a surnommée "Malinka", finit par se sentir moins seule, s’intéresse à Richard qui est dans sa classe et aime tellement la maîtresse, rebaptisée "Kalinka", qu’elle accepte de chanter pour elle...
Facile et agréable à lire. Les réponses d’Elodie ne sont qu’évoquées par Mathilde d’où la possibilité de travailler sur le point de vue et les "blancs" du texte (Lettres d’Elodie).
L’homme au chapeau de S. Cohen-Scali. Pleine Lune. Nathan. 1998.
L’auteur explique dans une postface qu’elle s’est emparée d’une anecdote de la vie de Kafka : il aurait rencontré une petite fille en larmes dans un parc, car elle venait de perdre sa poupée. Pour la consoler, il lui fait croire que la poupée est partie en voyage et qu’il reçoit ses lettres qu’il communiquera bien volontiers à la fillette. Pendant trois semaines, il lui donne ainsi des rendez-vous pour lui lire les lettres. La correspondance s’achèvera parce que la poupée se marie ! Ces lettres n’ayant pa été retrouvées, c’est Sarah Cohen-Scali qui prêtre sa plume au grand homme.
Erna raconte donc à la première personne, comment un jour, Léni, sa poupée adorée, disparaît. Elle a dix ans, elle est inconsolable... Soudain, elle heurte cet homme grand et maigre, qui porte toujours un chapeau, qu’elle a souvent vu dans ce parc de Berlin. C’est le début de rencontres régulières au cours desquelles, Franz Kafka lit les lettres de Léni qui raconte comment elle est partie avec Odradek. Chaque lettre raconte les aventures extraordinaires et parfois périlleuses de Léni, maintenant un suspense difficilement supportable pour Erna. Celle-ci s’est prise d’amitié pour Franz , dont elle a fini par découvrir le métier d’écrivain ; elle devine également que c’est lui qui écrit les lettres et en conçoit beaucoup de fierté. Mais Franz est malade, les aventures de Léni vont se terminer : elle va épouser Odradek qui n’est autre qu’un lutin, le roi des Brownies. Elle s’installe pour toujours en Angleterre, devient reine et attend des bébés. Erna lui dit adieu pour toujours ainsi qu’à Franz ...
Un récit simple qui peut symboliser le passage de l’enfance à l’adolescence.
Kamo, L’agence Babel de D. Pennac. Lecture Junior. Gallimard. 1992. (Programme 6e)
Ayant fait un pari avec lui, la mère de Kamo oblige son fils à étudier sérieusement l’anglais : il a trois mois ! L’agence Babel propose des correspondants et il reçoit de bien curieuses missives signées "Catherine Earnshaw"... Heureusement, son copain, le narrateur, l’aide à traduire, jusqu’au jour où Kamo peut se passer de ses services tellement il s’est pris au jeu et a réalisé de fulgurants progrès ... Mais il "plane" ! Le narrateur découvre enfin que Catherine Earnshaw n’existe pas plus que les "correspondants" (italien, russe, suédois...) d’autres camarades (et pour cause puisque ce sont des héros de romans !). Reste à trouver le "coupable"... Menant son enquête, il amènera Kamo à "redescendre sur terre" en lui faisant découvrir que c’est sa propre mère qui écrit toutes ces lettres en s’inspirant de romans célèbres...
Une idée amusante, bien menée. Récit alerte parsemé de lettres qui jouent sur la parodie et l’intertextualité. Une incitation à d’autres lectures bien sûr...
Réponds-moi quand je t’écris ! de J. Hoestlandt. Romans 8 et plus. Casterman. 2001.
Dernier jour de classe au CM2 pour Adèle, Lola et Nicolas ... Nostalgie car on quitte l’école, car on se quitte pour les vacances, car les parents d’Adèle se séparent ... Lola fait promettre à Adèle de lui écrire et Nicolas, bien qu’il n’aime pas cela, mais parce qu’il est amoureux d’Adèle, s’engage à son tour. Chacun écrit donc aux autres pour raconter le quotidien des vacances, les petites et les grandes nouvelles, les états d’âme : bientôt une petite sœur pour Adèle, la rencontre avec Laurent pour Lola, les vacances avec ses deux cousins jumeaux pour Nicolas, on s’échange des listes de ce que l’on aime ou n’aime pas ! Adèle ira même rejoindre Nicolas pour une semaine en Auvergne.
Petit roman facile qui met en valeur les sentiments et la psychologie des personnages. Toutes ces lettres et listes sont encadrées au début et à la fin par quelques pages de récit à la troisième personne.
P.S. Réponds-moi vite ! de P. Danziger et AM. Martin. Folio junior. Gallimard. 1998.
Tara Starr et Elizabeth décident de correspondre car Tara déménage : le temps d’une année scolaire, elles se racontent leur quotidien : l’école, les copains mais aussi les soucis et les secrets familiaux, même s’ils sont difficiles à avouer ! Le père d’Elizabeth perd son travail, part de la maison sans donner de nouvelles, puis annonce qu’il veut divorcer ; Tara ne parle plus à ses parents, qui l’ont eue très jeunes et qui, douze ans plus tard, attendent un nouvel enfant ... Comment se parler vraiment et s’aider quand on est si loin l’une de l’autre ? C’est l’expérience que vivent les deux amies et malgré des moments douloureux, au bord de la rupture, elles préservent leur amitié et surtout s’apprêtent enfin à se retrouver pour les vacances.
Une correspondance originale en ce sens que chaque auteure a endossé le rôle d’un personnage : elles ont échangé une « vraie correspondance fictive » sans connaître la suite. Les lettres de Tara sont parfois accompagnées d’un petit mot rédigé par sa mère.
Signé Lou de B. Cleary. Neuf. Ecole des loisirs. 1994.
Ce petit roman pourrait également s’insérer dans un réseau autour des narrations complexes ou dans un groupement qui traiterait du journal intime puisqu’il mélange lettres envoyées, non envoyées et journal.
Dès le CE1, Lou Botts, sur l’invitation de sa maîtresse, écrit à Boy Henshaw, écrivain dont il admire les livres. Irrégulière, la correspondance devient assidue dès la sixième. Lou demande à M. Henshaw de répondre à un questionnaire : celui-ci répond par des blagues et pose à son tour des questions à Lou qui se sent obligé de répondre. Il raconte ainsi sa vie entre ses parents divorcés, le vol de son déjeuner au collège et sur les conseils de l’écrivain, entame d’abord un pseudo-journal intime, composé de lettres qu’il ne lui envoie pas, puis réel, tout en continuant sa correspondance avec M. Henshaw.
Un personnage attachant. Texte facile (sauf peut-être du point de vue de la chronologie, car l’histoire s’étale sur plusieurs années sans que celles-ci soient notées) et intéressant par sa réflexion sur les vertus de l’écriture.
Bons baisers de Kabylie de A. Halley. Les uns et les autres. Syros Jeunesse. 2002.
Encore une correspondance entamée sous l’impulsion d’un professeur ! Soraya part en Kabylie pour les vacances avec ses parents et sa copine Blandine. Elle va enfin découvrir le pays de sa grand-mère Aïcha qui vient de mourir. Son professeur de français lui a demandé d’être l’envoyée spéciale du collège et dès le voyage sur le bateau, elle rédige des lettres pour M. Mazauric (plus « officielles ») ainsi que son journal intime. Elle retrouve ses oncle et tante, ses cousins, notamment Nordine qui plaît bien à Blandine. Elle découvre leur vie quotidienne et se remémore les bons moments passés avec Aïcha. Tout l’émerveille mais elle prend conscience également de la situation difficile dans laquelle se trouve l’Algérie. Le départ est douloureux pour toutes deux mais forte de cette première expérience, Soraya a décidé d’écrire son premier livre « L’oasis d’Aïcha » (Ce titre existe sous la plume de l’auteur en « Souris Sentiments !) ...
Un récit simple et profond composé des lettres au professeur et du journal intime rédigés par Soraya.
Zahra de E. Kuhn. Castor Poche. Flammarion. 1989.
Zahra habite Nancy avec sa famille marocaine. Agée de10 ans, en CM1, elle entame une correspondance avec Sandrine, une fille de son âge qui vit à Paris. Elles apprennent à se connaître grâce à cet échange régulier de lettres, se racontent leur vie quotidienne. Zahra surtout (puisqu’il est seulement fait allusion aux lettres de Sandrine dans les siennes) évoque les coutumes de sa famille et la vie du village marocain d’où elle écrit durant les vacances. Elle arrivera à vaincre les résistances de son père qui ne voulait pas la laisser partir en classe de neige organisée avec la classe de Sandrine. Débutée en mars, cette correspondance s’achève en décembre, quelques jours avant la rencontre des deux fillettes...
Un livre simple et facile à lire qui parle d’une autre culture.
La lettre brûlée de R. Causse. Les Uns Les Autres. Syros Alternatives. 1992.
Saïda est marocaine, elle s’occupe de ses nombreux frères et sœurs, ils vivent à huit dans quatre pièces ; Julie est française, fille unique choyée par ses parents, ils vivent dans une belle maison. Elles sont amies. Saïda a un jour l’idée folle d’écrire à une vieille dame qui repose au cimetière. Julie s’enthousiasme pour cette démarche et elles déposent la lettre sur la tombe... Stupeur le lendemain, la lettre a disparu ! Mais plus extraordinaire encore : Eugénie Cibourel répond à Saïda ! Julie se pique au jeu mais Saïda a peur et ne veut plus écrire...Elles finiront par découvrir que c’est Léon, le berger mutilé, qui leur répondait : Eugénie était sa mère !
Plaidoyer pour la reconnaissance de la pluralité des cultures et des différences, évocation du passage de l’enfance à l’adolescence, un livre tout en finesse, en émotions, simple et beau. Alternance de récit et de lettres émanant de différents scripteurs.
Le merveilleux cheval mongol de J. Aldrige. Poche Jeunesse. "Mon bel oranger". Hachette. 1977.
Kitty et Bayrut entament une correspondance lorsque Tachi, l’étalon sauvage trouvé par le jeune Mongol, est envoyé dans une réserve britannique où Peep, la jument de la petite Anglaise, doit l’apprivoiser. Mais ce cheval extraordinaire refuse la captivité et se sauve. Commence alors pour les deux animaux une incroyable odyssée à travers l’Europe et l’Asie, que les deux enfants suivent avec anxiété chacun de leur côté, échangeant leurs informations et leurs sentiments.
Une aventure attachante qui décrit la ténacité plus qu’humaine d’un cheval et l’amitié de deux enfants très différents.
Mais cette abondance de récits par lettres, fictifs, ne doit pas faire oublier qu’il existe des recueils de correspondances réelles publiées du vivant de leur(s) auteur(s) ou, le plus souvent, après leur mort, qui permettent, pour certains d’entre eux de travailler également dans des perspectives historiques :
L’arbre du hérisson de A. Gramsci. 8.9.10 Messidor La Farandole. 1987.
De saprison, Gramsci écrit à ses petits garçons ainsi qu’à à sa femme essayant d’être toujours drôle et tendre, ce qui n’exclut pas la gravité et l’émotion souvent...
Lettres à Barbara de Léo Meter. Messidor La Farandole. 1990.
Les lettres extrêmement émouvantes d’un père à sa fille, alors âgée de 4 ans, expédiées d’Ukraine où il a été envoyé en 1943. En effet, L. Meter, scénographe et illustrateur allemand,fut arrêté par la Gestapo en raison de ses activités militantes et enrôlé de forcedans laWehrmacht.Ilfut probablement"exécuté" en en 1944.
Les lettres originales, illustrées par l’auteur, sont reproduites en fac-similé.
L’enfant d’Hiroshima de I. et H. Hatano. Folio Junior. Gallimard. 1977. (Programme 5/4e).
Echange de lettres entre une mère et son fils, éloigné, durant le conflit qui oppose le Japon aux puissances alliées. Cette correspondance s’achève à la veille du bombardement atomique sur Hiroshima...
Lettres à sa fille de Calamity Jane (1877-1902). Point Seuil Virgule.1979.
Calamity Jane appartient à la légende de la conquête de l’Ouest américain... Même s’il subsiste une part d’ombre dans la vie de cette femme qui choisit de voyager seule, armée d’un fusil, ces vingt-cinq lettres rendent compte de l’errance de celle qui fut, tour à tour, poseur de rails, éclaireur de l’armée, convoyeur, infirmière...
Sa fille, Janet, qu’elle avait confiée à J. et H. O’Neil pour qu’elle ait une famille stable, n’apprendra que très tard le secret de son adoption et ne recevra ces lettres que dix ans après la mort de sa mère dont elle fut toujours très fière.
Des lettres attachantes et instructives...
25 collégiens et un condamné à mort de F. Porcher-Le-Bars. Syros Alternatives. 1988.
A l’initiative d’un professeur, dans le cadre d’un PAE sur la justice, voici la correspondance échangée entre Philippe Maurice (condamné à mort pour meurtre, gracié en 1981, détenu à perpétuité dans une Centrale de Haute Sécurité) et une classe de 3ème d’un collège breton.
Ces jeunes cherchent à comprendre ce qui mène un homme en prison. Certains se montrent très agressifs et culpabilisants. Ils posent des questions sur tout : les valeurs, la morale, la prison, la vie, la mort... Le détenu s’efforce d’y répondre sans détour, le plus sincèrement possible... Une complicité, non malsaine, se crée au fur et à mesure qu’ils apprennent à se connaître et l’on voit ces adolescents grandir et mûrir au fil de cette correspondance authentique.
Si tu veux être mon amie de Mervet Arkam Sha’ban et Galit Fink, présenté par L. Boudalika et A. Cohen. Page blanche. Gallimard. 1992. (Liste 5e/4e)
Une correspondance authentique, sur fond de guerre larvée, puisqu’il s’agit d’un échange de lettres, entre deux jeunes filles, initiée par la réalisatrice Litsa Boudalika qui les connaissait toutes deux. L’une est palestinienne, elle vit dans le camp de Dheiseh, elle a 13 ans, elle s’appelle Mervet. L’autre, Galit, âgée de 12 ans, vit à Jérusalem.. Tout les oppose, mais elles acceptent la proposition et apprennent à se connaître. Le lecteur assiste à la naissance de leur amitié sans arrêt remise en cause par l’Intifada, frémit aux échanges parfois orageux, sourit aux propositions naïves de règlement du conflit.
Une initiative sincère et courageuse, des jeunes filles attachantes, pour tenter de dépasser la haine et les préjugés.
Les lettres à ma planète . Scanéditions/La Farandole. 1992. Réédité sous le titre On vous écrit de la terre en 2001 chez Rue du monde.
Album réalisé par deux cent cinquante enfants d’Argenteuil avec Alain Serres. Ces lettres ouvertes de toutes les couleurs rédigées par des jeunes de 8 à 12 ans évoquent tous les sujets qui leur tiennent à cœur, des plus graves aux plus futiles, avec beaucoup de sincérité, de lucidité, de tendresse, d’humour... Leurs vies se disent et ils disent la vie telle qu’ils la rêvent.
Lettre à l’écrivain qui a changé ma vie . Page Blanche. Gallimard-Télérama. 1992.
Voici 80 lettres parmi des milliers écrites par des jeunes âgés de 16 à 22 ans, sollicités par Télérama lors du Salon du Livre de Paris.
Beaucoup de passion et d’émotion dans ces missives simples ou brillantes, pleines d’amour ou de haine, parfois parodiques à l’extrême...
Cent lettres d’adolescents . Vivre et l’Ecrire Jeunes. L’Harmattan. 1992.
Les animateurs de cette association ont proposé à des jeunes âgés de 13 à 20 ans « d’entrer en correspondance avec un adulte, qui ne serait pas là pour les juger, mais simplement pour les écouter, les aider à s’exprimer par lettre ». Des amitiés se sont ainsi créées à travers toute la France.
Ces lettres sélectionnées par les animateurs des ateliers montrent à quel point l’échange est devenu vital pour tous ces jeunes, une des plus bouleversantes étant sans doute celle de Véronique dont la correspondance adulte, Anne, est décédée sans qu’elle en soit informée.
Reste encore un peu J’ai pas fini de grandir de C. Albert. Vivre et l’Ecrire jeunes. L’Harmattan. 1992.
Catherine fait partie des jeunes mentionnés dans le titre précédent, qui pendant des années, à partir de 15 ans, a écrit à Benoît sans le connaître. Cela l’aidait énormément et la poussait à écrire encore davantage. Puis, elle l’a rencontré, craignant que la réalité s’en trouve ternie mais elle a continué à lui écrire et s’est même mise à répondre aux plus jeunes qu’elle ... Puis Benoît l’a incitée et aidée à publier ce livre composé de lettres qu’elle lui avait écrites mais aussi de nouvelles, de textes libres, d’extraits de son journal intime et des lettres échangées entre elle et sa mère.
Ce livre original livre la trace de moments forts ou plus quotidiens, dévoile l’intimité et les émotions des personnes impliquées et affirme l’importance de l’écriture comme moyen d’instaurer une communication authentique entre les personnes, surtout les plus proches.
Lettres à Juliette recueillies par M. Fracasso et T. Monicelli. Balland. 1992.
Les deux journalistes ont sélectionné cent vingt-deux lettres parmi les centaines envoyées chaque année de toute la planète à Juliette et Roméo. Des hommes et des femmes de tous âges et de tous pays se confient, questionnent, se livrent totalement au sujet de l’Amour, de façon naïve ou impudique, conférant aux amants de Vérone quantité de vertus et de pouvoirs ! Des appels au secours comme on jette une bouteille à la mer parfois, mais aussi des poèmes, des parodies ...
Intéressant et original.
Le métro des amants . Travelling hors-série. Casterman. 1995.
Choix de cent lettres d’amour parmi les 1534 rédigées par des jeunes Bruxellois de 14 à 24 ans dans le cadre d’un concours d’écriture. Sur fond d’univers métropolitain les lettres de déclaration, d’échec s’égrènent au fil des pages, tendres, poétiques, amères ou brutales.