Aborder les notions de narrateur et de point de vue

Construire un réseau de livres autour des narrateurs inattendus (animaux, objets, ...)
Le vendredi 20 mai 2005.

Les élèves confondent souvent auteur et narrateur ... Afin de leur faire prendre conscience de la différence, on peut leur proposer de lire des récits dont le narrateur est tout à fait inattendu et en aucun cas (en principe ...) un écrivain en chair et en os ! Il existe ainsi nombre de récits pour la jeunesse dont le narrateur est un animal, voire un objet, à moins que ce ne soit un extra-terrestre ...
Selon les cas, l’auteur piège plus ou moins les lecteurs : parfois il annonce immédiatement la couleur, dès le titre par exemple ; mais il peut également ruser et maintenir l’ambiguïté (de ce fait non perçue par certains lecteurs) et ne révéler le subterfuge qu’au moment de la chute !
Quoi qu’il en soit, tous ces récits à la première personne permettent d’aborder la notion de « point de vue » à travers la vision limitée d’un personnage, qui plus est, non humain ; ce parti pris suppose par ailleurs de la part de l’auteur des trouvailles fictionnelles et narratives, souvent originales, sans compter l’intérêt que présente « l’inversion » de point de vue. Pour une fois, ce ne sont plus les humains qui dominent et voient le monde autour d’eux, mais eux qui sont perçus par l’animal, l’objet ou « l’autre », occasion pour l’écrivain de relativiser l’importance, la puissance des humains et surtout d’épingler leurs travers.
Albums, nouvelles ou romans, graves ou humoristiques : des textes variés que l’on regroupera en fonction des goûts, des capacités et des objectifs d’apprentissage ... Différents genres et modadalités d’écriture sont représentés, anthropomorphisme et personnification sont au rendez-vous.
Remarquons toutefois que certains récits confinent parfois à l’exercice de style et que d’autres sont plus des prétextes à raconter une histoire à la première personne qu’autre chose, le narrateur ressemblant à s’y méprendre aux humains !
Certains titres, juste mentionnés, seront prochainement présentés ...

Narrateurs animaux

Courrier de chien de C. Crovi in Diabolo n°16. Milan.
Les lettres d’un chien amoureux à une chienne qu’il a rencontrée durant les vacances d’été.
Petite nouvelle intéressante à « trafiquer » : sans le titre et avec quelques indices en moins, il n’est pas évident de comprendre immédiatement que « je » est un chien !

Lettres d’un chien obéissant de Marc Teague. Milan.
Album.

De fauteuil en déduction de G. Langelaan in Nouvelles de l’antimonde (texte présenté par J. Gouttenoire dans Contes et nouvelles . Tome 1. Hachette. 1977).
Récit de l’enquête menée et narrée par Grand-Papa. Grâce à lui, Tweeny, le bébé enlevé est retrouvé, son ravisseur, le dentiste, arrêté. Grande est la surprise du lecteur lorsqu’il découvre à la toute fin que ce narrateur perclus de rhumatismes est ... un chien !
Intéressant à lire en dévoilement progressif, mais même sans, les élèves passent parfois à côté de la révélation et soutiennent mordicus que « je » est un grand-père !

Histoire naturelle . Anonyme, in Nouvelles Nuits , revue de la nouvelle policière.
Le témoin, muet, d’un meurtre raconte ... Seule la dernière phrase « Alors j’ai miaulé », révèle l’identité du narrateur ...
Tentant, dès lors, de supprimer juste le dernier mot !

Carnet d’un respectable cancrelat de P. Highsmith in Le rat de Venise et autres histoires de criminalité animale . Calman Lévy. 1977. Repris en Livre de Poche. Hachette.
Un narrateur auquel on ne serait pas attendu, qui décide d’installer ses pénates dans un endroit plus confortable que l’hôtel miteux où il toujours vécu ...
Dans le même recueil se trouve une autre nouvelle, La toute dernière parade de « Dancing girl » , une éléphante, qui, ne s’entendant pas avec son nouveau gardien, devient très agressive.

Le châtiment de Dieu de A. de Laiglesia in Nouvelles espagnoles contemporaines . Traduites par C. Regnier et J. Torralbo. Presses Pocket.
Le narrateur se réjouit infiniment : aucune des affreuses menaces proférées à son encontre ne s’est réalisée ! Certes, il est mort, bien mort, mais le voilà revenu à la vie ... et il a bien l’intention d’en profiter, sans croire davantage qu’autrefois en Dieu. Reste à savoir quelle est sa nouvelle apparence ... Notre arrogant et prétentieux narrateur ne le découvrira que trop vite, à ses dépens, lorsque le pied d’une matrone horrifiée s’apprête à l’écraser !
Encore une histoire de cafard donc ...

La reine des fourmis a disparu de F. Bernard/F. Roca. Albin Michel jeunesse. (Liste cycle 3).
La reine des fourmis, retenue prisonnière au muséum, sera retrouvée et délivrée par ses congénères qui la ramèneront dans leur forêt tropicale natale...
Enquête policière et péripéties sont narrées par la fourmi rouge qui, aidée de son assistant, accomplit cet exploit.
Les images, magnifiques, interagissent harmonieusement avec le texte.

Biscotte et Benjamin de C. Batet et D. Spillers. Milan. 1989.
Album pour les plus jeunes. Un chien de cirque est abandonné par son dresseur polonais, Monsieur Stanislas. Benjamin le recueille en cachette de ses parents, qui, malgré la taille imposante de l’animal, acceptent de le garder.
Facile, quelques passages qui illustrent bien la spécificité du regard animal sur le monde et les humains.

Drôle de nom pour un chien de J-L. Craipeau. Castor Poche Junior.1996.
Voici les mémoires désopilantes d’un chiot adopté par Flageolette et Glucosine, deux charmantes et originales vieilles soeurs, dont le projet est d’inventer un nouveau parfum. A la suite de l’absorption de substances mal supportées par ses intestins, on le baptise "Pète-un-coup" et le voilà quasiment prisonnier, ainsi que ses maîtresses chez Ji-Rat-Rat, leur neveu, tyran malfaisant qui a décidé de leur faire créer "l’abominable odeur" afin de s’enrichir. Notre héros fait office de cobaye ; heureusement il a plus d’un tour dans son sac, sans compter que Lili, la fille du jardinier, lui apprend à lire et à se servir d’un traitement de textes : d’où ce récit dont il fera cadeau à ses bienfaitrices !
Un livre qui ne se prend pas au sérieux, fourmillant de jeux de mots, dont on aura du mal à épuiser le champ lexical lié aux odeurs !

Moi, Benjamin superchien de J. Withelock Mclnerney. Castor Poche Flammarion. 1985.
C’est un Saint-Bernard qui raconte : il vit dans une famille américaine, les O’Riley qui ont trois enfants, plus un à naître ! Benjamin fait partie de la famille, joue les bons offices, défend jalousement son statut de chien unique mais commet parfois, malgré sa bonne volonté, de grosses bêtises ... Néanmoins il joue parfaitement son rôle de protecteur et de sauveteur lorsque les circonstances des plus dramatiques l’exigent ...
Ce chien possède, à l’instar de ses maîtres, un solide sens de l’humour et fait preuve d’une grande tendresse envers les humains.
Un livre amusant et facile à lire.

Peur sur la ferme de S. Dieuaide/V. Hié. Romans 8 et Plus. Casterman. 1999.
Le chien du fermier, Rex, mène l’enquête.

Le vétérinaire apprivoisé de A. Muchart. Castor Poche Flammarion. 1987.
Marcel, le petit chat qui raconte cette histoire, ne manque ni de personnalité ni de culot ! Abandonné par sa mère, il se trouve une nouvelle famille, humaine : il devient le complice de la petite Emilie dont il fait rire la mère, Martine. Il aurait ainsi pu couler des jours heureux malgré la présence d’un autre petit chat, si Martine n’était tombée amoureuse d’un vétérinaire trop sérieux, père de Nicolas et maître d’une grosse chienne ... Emilie et Marcel font tacitement alliance pour éloigner les intrus de la maison et M. Donald se trouve alors face à forte partie ! Un compromis sera heureusement possible ... Un chat très déterminé, des portraits croqués sur le vif, un humour décapant pour ce récit alerte, facile à lire, qui pose bien les problèmes de relations entre personnes et la difficulté pour chacun de trouver sa place.

Signé : Fouji d’A. Geras. Traduit par R.M Vassallo. Castor poche Flammarion. 1999.
Doyen des chats du square Edouard, Foujichat, adore Lexia, sa petite humaine.

Journal d’un chat assassin d’A. Fine/V. Deiss. Traduit par V. Haïtse. Mouche. Ecole des Loisirs. 1997. (Liste cycle 3).
Non seulement c’est un chat qui raconte, mais il n’est même pas fiable ! Ceci explique peut-être cela ...

Les dossiers de la famille Fantora et L’album photos des Fantora d’A. Geras. Castor Poche Junior. 1997.
Ozzy, de son vrai nom Ozymandias, se présente lui-même comme l’historien-chroniqueur de la famille Fantora. Il n’ignore rien de leurs faits et gestes qu’il consigne donc dans ses carnets. Devançant les remarques des sceptiques, il s’attribue des pouvoirs magiques, dont les moindres ne sont pas ceux de Narrateur (celui qui voit tout !) dont il donne une définition métaphorique (p.10, tome 1), intéressante à relever avec les élèves.
Ce chat Narrateur est à l’image de la famille farfelue qui l’héberge (et réciproquement). En effet, chaque membre possède un don et l’utilise à sa manière, plutôt bien d’ailleurs, d’où la chronique des aventures de Francesca quand elle modifie le temps qu’il fait pour s’amuser lors de son anniversaire ou pour se venger d’une horrible camarade ou celles de Marco qui se rend invisible pour donner des leçons aux brutes de l’école et de Bianca, quand elle anime les animaux des tableaux du musée ou les jouets en plastique à la piscine.
Quant à leurs parents, Rosie, en matière culinaire, Eddie dans le domaine végétal, ils ne sont pas en reste ! Ne parlons pas de la grand-mère, Filomena, qui prédit l’avenir en filant la laine ni de la tanta Varvara, vampire-végétarienne qui déplace les objets à distance et dont le mariage avec le comte Remo Lupino est la grande affaire du deuxième tome...

Sam détective privé et Sam s’en mêle de L. Stewart. Castor Poche Junior. 1995 et 1997.
Je mentionne ces titres dont le narrateur est un chat, détective privé -avec quelques stérotypes lié au genre- avec une certaine réserve. Ils conviendraient sans doute mieux dans un réseau de type "enquêtes policières" dans la mesure où l’auteur réussit sans doute davantage dans ce domaine (Sam mène tour à tour, avec l’aide de ses amis chats, deux enquêtes, l’une sur une série de cambriolages et l’autre concernant l’enlèvement d’un chat-acteur) que dans celui qui consiste à tenir un point de vue. Les personnages se différencient peu des humains en effet et leur qualité de chat, si elle entraîne des jeux de mots, se marque peu ou de façon artificielle. Bref, je suis un peu déçue et je me demande si l’intérêt ne serait pas d’amener des élèves bien débrouillés à réécrire certains passages pour les améliorer...

Ma vie par Minou Jackson chat de salon de S. Dieuaide. Romans 10 et Plus. Casterman. 2001.

Panique au cirque de D. Zay. Souris Noire plus. Syros. 1992.
Les gradins s’effondrent, le chapiteau s’enflamme, rien ne va plus dans ce petit cirque, au sein duquel, malgré la loi du silence, la police enquête. Le narrateur appartient à cette communauté et raconte d’un ton apparemment détaché tout ce qui s’est passé jusqu’à l’arrestation de Tanar, le dompteur. Puis vient, brutale, la double révélation finale : c’est lui le criminel, il a voulu se venger car on a vendu China, sa compagne, un chimpanzé comme lui !
Un petit roman court et fort, qui joue sur l’effet de surprise, dont la relecture permettra entre autres de repérer des indices négligés qui prendront tout leur sens.

Freddy hamster libre et Freddy hamster en danger de D. Reiche. Traduit par M.C Auger. Poche Jeunesse Hachette. 2004
Un hamster doré particulièrement intelligent qui dactylographie ses aventures grâce à l’ordinateur..

Tirez pas sur le scarabée (Liste cycle 3) et Un privé chez les insectes de P. Shipton. Traduit par T. Bauduret pour le premier et par M Costa pour le second. Poche Jeunesse Hachette.
Bug Muldoon, le scarabée détective, narre ses enquêtes dans l’univers impitoyable du Jardin

Mémoire d’éléphant de M. Carminati. Poche Jeunesse. 1991.
Plongée dans le temps et l’espace pour cette histoire qui se déroule en Egypte au temps des pharaons ... Des enfants de Belleville découvrent un mystérieux flacon d’où s’échappent les lettres composant le récit de Trompe Blanche, un éléphant capturé dès son plus jeune âge en vue d’être dressé pour la guerre. Devenu le favori de Douthmosis, futur souverain, il l’aidera à survivre après l’agression commanditée par Ameb, frère du Pharaon qui s’empare du pouvoir. Il œuvrera ensuite pour que le jeune homme retrouve son trône et épouse Néfertoum.
Bien documentée, une histoire qui tient en haleine.

Mémoires d’un âne de Comtesse de Ségur. Folio junior. 1978.
Je ne vous fais pas l’injure de vous présenter Cadichon, âne repenti, qui décide de réhabiliter ses congénères au yeux d’humains, aveugles au point de dire « Bête comme un âne » et auxquels il renvoie cette vérité : les maîtres ont les serviteurs qu’ils méritent ...

Mélisande, journal intime de C. Holler. Castor Poche Junior. 1995.
Sous forme de journal intime, ce petit livre donne la parole à Mélisande, jument qui raconte les moments forts de sa vie, notamment quand sa maîtresse décide de la faire maigrir, mais également les promenades, ses relations avec les autres chevaux du haras, les vacances ...
Le début joue sur l’effet de surprise, le point de vue, souvent naïf d’un animal sur le monde qui l’entoure, est bien mis en valeur. On peut travailler aussi sur la chronologie : pas de dates mais quarante-deux "moments" qui s’étalent sur plusieurs mois.

Cheval de guerre de M. Mopurgo. Folio Junior. 1986.
Voici les mémoires d’un cheval exceptionnel, qui a participé à la guerre de 14-18 ! En effet, Joey est acheté par un fermier alors qu’il n’est encore qu’un poulain de six mois. Albert, le fils, se prend d’affection pour lui, mais son père a besoin d’argent et vend le cheval à un officier de l’armée britannique ; la guerre vient d’être déclarée : Joey part pour la France où il connaîtra toutes les souffrances et horreurs de la guerre. Tous ses amis, hommes ou chevaux succombent ou lui sont arrachés .... Lui-même est blessé. Mais Albert a juré de le rejoindre et s’est engagé dans les services vétérinaires. C’est en France qu’ils se retrouveront ...
Un récit émouvant, un plaidoyer contre la guerre et pour l’amitié entre tous, humains ou animaux.

Mémoires d’une vache de B. Atxaga. Lecture Junior. 1994.
Une vache basque, noire et philosophe cède à la pression d’une voix intérieure (ange gardien ?) baptisée "Le Lourdaud" et raconte tous les événements dont elle a été témoin ou même partie prenante parfois. Cela donne un récit historique narrant la résistance dans les derniers maquis de la guerre d’Espagne et plus largement une réflexion sur le monde et la vie.

Histoire d’un merle blanc d’A. de Musset. Arc en poche. Nathan. 1991.
A travers les déboires et succès d’un merle blanc rejeté par sa famille et les autres oiseaux, Musset dépeint ironiquement la vie d’artiste.

Fabrice le Pacha de Jean-Luc Payen. Joëlle Losfeld-Dada. 2002.
Comme son nom ne l’indique pas, le narrateur-héros est un Jaco, un perroquet gris du Gabon qui refuse de s’abaisser à répéter les idioties que son propriétaire, l’hôtelier Max, voudrait lui inculquer ... Prisonnier de sa cage, il rêve de grands espaces et de liberté, en contemplant la mer, inaccessible ... Jusqu’au jour où l’occasion lui sera fournie de prendre le large et de goûter les joies, mais également tous les dangers, de la liberté tant désirée. Choix difficile que celui du Pacha qui se repentira d’avoir reculé et devra à son ami Eric de retrouver un équilibre.
Un récit plus philosophique qu’il n’en a l’air ...
Ces trois derniers livres, plus littéraires et difficiles, dont les narrateurs animaux sont plus métaphoriques qu’autre chose, sont sans doute à réserver aux élèves plus âgés, plus mûrs.

Narrateurs « objets » ou inanimés


Olivier la terreur de AM. Desplat-Duc/N. Van de Straten. Kid Pocket. 2001.
Le narrateur connaît bien Olivier car il est arrivé dans la maison en même temps que lui. Et de nous mettre en garde : ne pas se fier à l’air angélique et poli de cette petite terreur qui passe son temps à démonter tout ce qui lui passe entre les mains pour comprendre comment ça fonctionne. Notre narrateur sait de quoi il parle en tant que victime de la curiosité scientifique du petit garçon : lui, le vieux grille pain (huit ans quand même !), n’a dû son salut qu’aux talents de bricoleur du papy. Il organise alors la révolte de tous les appareils ménagers : il faut terroriser Olivier ! Le résultat dépasse ses espérances, on frôle la catastrophe, mais Olivier est « guéri » : désormais, il réparera plutôt que ne démolira !
Facile, humoristique, avec suspense sur l’identité du narrateur pendant trois chapitres !

Coeur de pierre de P. Dorin. Mini Souris Noire. Syros. Réédition 1997.
Petit récit policier dans lequel le narrateur est la pierre qui a servi d’arme pour un meurtre mais que des enfants considèrent comme leur talisman.

Les poilantes aventures de René le virus de Gudule. Délires. Bayard. 1996.
Style alerte pour des aventures "hygiéniquement peu correctes" ! En effet, René est un virus qui passe son temps à chatouiller les narines de ses hôtes, d’où les métaphores mutiples et un champ lexical abondant et varié sur le sujet... Clovis, fils du docteur Proprenett, immunisé contre tout ou presque et Seb, fils d’éboueur, ennemis jurés, vont devoir unir leurs forces pour sauver leur copine, Marie-Marie et bientôt toute la classe, de la bonbonite aiguë inoculée par l’odieux épicier M. Doucet. Aidés de Clebs, un chien malodorant mais au flair infaillible et de René toujours prêt à déployer ses palpeurs, ils retrouveront les vaccins du docteur qui pourra fabriquer un antidote.
Il s’agit donc d’un exercice de style dans la mesure où le récit est narré par René, être microscopique et inconnu des humains, qui sait tout et ne peut rien leur dire, dont nous avons le point de vue tout au long du récit.

Le pont de Kafka. Traduit par H. Parisot. Ilustrations d’H. Galeron. Enfantimages. Gallimard. 1981.
Rêve et fantastique se mélangent dans ce récit narré par un homme-pont, à moins que ce ne soit l’inverse ... L’interprétation peut varier sensiblement selon qu’on lit le texte seul (dans la traduction d’A. Vialette par exemple) ou comme, ici, accompagné des illustrations inquiétantes et explicites d’Henri Galeron.

Vie et engloutissement d’un gâteau dominical de M. Zaoui in Dimanche. Le temps suspendu , dirigé par N. Czechowski. Collection « Mutations ». Autrement. 1989.
Le titre ne cache rien !
Un exercice de style qui peut être imité, métaphores et inventions verbales à l’appui. Chute en forme de clin d’œil littéraire

L’éternité devant soi de M. Leydier in J’ai pas triché . Hachette. 1998.
A l’inverse de la nouvelle précédente, voici un narrateur (féminin en l’occurrence) qui met du temps à se dévoiler ... Il faut dire qu’elle a tout de la midinette vivant, dans l’exaltation, ses premiers émois amoureux, malheureusement aussi vite abandonnée que conquise ! Seule, faible, vulnérable, emportée par les flots : faut-il admirer les métaphores ou prendre les termes au pied de la lettre ? La réponse viendra de celui qui s’empressera de rejeter définitivement au fond de l’eau la pochette en plastique qu’il vient de pêcher !

Narrateurs extra-terrestres

Safari de Y. Rivais in Histoires de toutes les couleurs choisies par R. Boudet. Ecole des loisirs. 1983.
Le narrateur et ses amis, dont les équipements semblent vraiment très sophistiqués, sont venus chasser une « bête » dont le lecteur finit par deviner, horrifié, qu’il s’agit d’un humain. Une nouvelle qui tient le lecteur en haleine jusqu’au bout, mettant magistralement en œuvre « l’inversion » de point de vue et qui peut se lire à plusieurs niveaux.


Elizabeth VLIEGHE.
Collège Boris Vian et IUFM Nord-Pas de Calais.
Ecriture et réécriture pour Passages de deux articles publiés la Revue Recherches .