Le mercredi 27 juin 2007.
Pour faire suite à l’article concernant l’écriture de soi, voici une nouvelle série de récits rédigés sous forme de journaux intimes. Pour plus de détails (idées d’activités et de regroupements), je renvoie à l’introduction de l’article précédent et me contenterai de préciser que le lecteur trouvera encore cette fois-ci des thèmes et des genres variés : des regroupements avec des titres déjà présentés seront donc tout à fait possibles, sans oublier ceux mentionnés dans les réseaux concernant les narrations complexes et l’épistolaire..
Je commencerai par quelques nouvelles sous forme de journal intime : il peut être utile en effet d’étudier et d’analyser l’intérêt de recourir à cette modalité narrative dans le cadre de textes relativement courts. Il s’agit d’ailleurs très rarement d’œuvres pour la jeunesse en tant que telles, mais de nouvelles de science-fiction et surtout fantastiques, tout à fait abordables dès le collège, a fortiori au lycée. Et je ne parle pas des « classiques » tels Le Horla , entre autres...
Ce sont toujours essentiellement les filles qui écrivent mais on trouvera quand même heureusement une bonne quinzaine de journaux masculins - sans compter les nouvelles.
« Premier amour » de B. Friot in Histoires pressées . Zanzibar. Milan. 1988. Liste cycle 3.
Sur une année scolaire, un amour qui n’est hélas pas payé de retour ! Concision extrême. Accessible dès le primaire.
« Les bulles » de J. Verlanger in D’étranges visiteurs . Histoires de science-fiction. Médium. École des Loisirs. 1991.
Monica a seize ans le 8 août, elle commence un journal : elle vit en recluse dans un monde menacé par les « bulles » qui tuent les humains ou les transforment en « Autres », des monstres qui ont plusieurs bras, jambes ou yeux ou bouches. Depuis trois ans, son père a disparu (il est sorti), sa mère est morte et c’est la « nourrice », une machine, qui s’occupe d’elle. Enfin, vers le 18 septembre, les bulles semblent vaincues et Monica rencontre pour la première fois des humains, Éric et Franck, à qui elle peut parler librement. Sa candeur et sa naïveté l’empêchent de comprendre le sort qui l’attend : tous les Autres vont être abattus, ainsi que tous ceux qui auraient pu être contaminés par eux.
« 2001 + 1 » de J. Sternberg in Entre deux mondes incertains . Présence du futur. Denoël. 1985.
Le journal intime d’un employé de quarante ans, rédigé entre le 4 décembre 2002 et le 4 janvier 2003, considéré comme un témoignage de la vie de cette époque. On retrouve la vision acerbe de l’auteur [1] : société totalitaire, encombrements permanents (il reste un quart d’heure de sommeil !), morts en tous genres, que ce soit dans les guerres ou les séances de défoulement (violence routière). Le narrateur traîne son mal de vivre, trop lâche pour se suicider ou se faire volontairement emprisonner comme l’a fait un ami. Il décide de ne plus aller travailler, de se cloîtrer chez lui : son journal s’arrête là.
Récit d’anticipation très sombre et très caustique.
« Auto-escamotage » de R. Matheson et « Chaleur d’août » de W. F. Harvey in Histoires d’aberrations . Grande anthologie du fantastique. Presses Pocket. 1977.
Dans la première : le journal de Bob, écrivain raté, retrouvé près d’une tasse de café à moitié vide. En une dizaine de jours, le narrateur voit disparaître les éléments de sa vie, des plus récents aux plus anciens, personnes, objets, avant de disparaître lui-même. Le titre suggère-t-il qu’il y serait pour quelque chose : schizophrénie ?
Dans la seconde : celui de James Clarence Withencroft, artiste, qui dessine le portrait d’un criminel au tribunal, puis le rencontre tout aussitôt ; c’est un marbrier qui est en train de terminer un monument de marbre portant la mention d’un nom et de dates : James reconnaît son nom, sa date de naissance et la date du jour. La chute prouve qu’il n’échappera pas à son destin.
« Journal d’un monstre » (« Né de l’homme et de la femme ») de R. Matheson in Planète cauchemar . Vertige Science-Fiction. Hachette Jeunesse. 1997.
Journal pathétique d’un « enfant » monstrueux, cloîtré et attaché dans une cave par des parents humains qui ne peuvent assumer ce mutant au sang vert : il le leur fera payer.
« L’araignée » de H.H Ewers in Anthologie du fantastique , volume 1. Roger Caillois. Gallimard. 1966.
Malgré ses affirmations et sa grande assurance, l’étudiant en médecine Richard Braquemont sera victime comme ses prédecesseurs de « Clarimonde », alias l’araignée, en se pendant. Est-ce bien elle qu’il a cependant réussi à écraser dans une ultime souffrance ?
Pour les plus jeunes, deux albums de R. Platt. Illustrations de R. Christ, chez Gründ, qui allient aspect documentaire et fiction sous forme de journal intime, faciles et amusants :
Le journal de Tanguy, un mousse chez les pirates . 2001, et Le journal de Geoffroy, un page au Moyen-Age . 2000.
Mon carnet vietnamien de M. Sellier/C. Gambini. Nathan. 2005.
Sous forme d’album, le journal de Nicolas, onze ans, qui part à la recherche de ses origines, soutenu par sa famille d’adoption et ses amis.
Marie Banlieue de M. Delerm. Folio Junior. Gallimard Jeunesse. 2006.
Surnommée ainsi par ses nouveaux amis, Marie arrive de la région parisienne en Normandie. Ballottée depuis la séparation de ses parents, elle se confie au papier, car elle aime les mots. Elle trouvera son salut dans l’écriture...
Le journal de Lisa Manin à Venise de H. Cabello Reyes et C. Dupoizat. Mango Jeunesse. 2006.
Ce titre ainsi que d’autres inaugure une série intitulée « J’ai la terre qui tourne » destinée à allier fiction et aspect documentaire. Des jeunes Français, chacun avec son histoire personnelle et sa culture, découvrent d’autres pays et confient leurs impressions dans leur journal.
Lisa, quant à elle, apprend début octobre que ses parents ont décidé de se séparer et elle choisit de suivre son père, architecte, à Venise. Malheureusement, très occupé par sa mission qui consiste à trouver une solution pour sauver la ville de l’eau, il n’a guère de temps à consacrer à sa fille. Lisa part donc à la découverte des lieux, va à l’école, fait la connaissance de Graziela qui vient les aider, s’inquiète lorsqu’elle voit son père en compagnie de sa collègue Lucia. Mais Lisa aide indirectement son père à trouver une solution et ce dernier décide de revenir en France reprendre la vie commune. Lisa est heureuse, espère bien revenir à Venise ; en attendant, c’est Graziela qui leur rendra viste en France pour la nouvelle année.
Lecture facile, abordable dès le primaire, très belles illustrations.
Le cloune et la belle cuillère d’A. Sibran. Zanzibar. Milan. 1995.
Elsa vit dans une banlieue triste et désolée : un jour, elle fait la connaissance d’Edouardo, le clown, qui vient annoncer la venue prochaine de son cirque. Dès lors la vie s’éclaire pour Elsa et elle confie ses rêves et ses espoirs à son journal intime. Mais Edouardo n’est qu’un clown déchu dont le cirque n’existe plus depuis longtemps. Grâce à son obstination et parce qu’elle comprend qu’à plusieurs on peut changer le monde, elle redonne vie et réalité aux souvenirs d’Edouardo.
Un récit émouvant, plein d’espoir : le journal n’a plus de raison d’être quand la réalité a rejoint le rêve.
Les manguiers d’Antigone de B. Tanaka. Castor Poche. Flammarion. 1993.
Déchue de ses droits maternels, Dana n’a plus le droit de communiquer avec sa fille Sandra. Pendant sept ans, elle rédige donc un cahier sur lequel elle consigne les éléments les plus importants de sa vie, depuis sa tendre enfance, afin de le remettre à Sandra lorsque celle-ci atteindra sa majorité.
Le journal de Ma Yan de Ma Yan et P. Haski. Traduit par He Yanping. Poche Jeunesse. Hachette. 2003.
Ma Yan est une jeune chinoise qui n’hésite pas à faire vingt kilomètres à pied pour étudier. Elle habite une campagne très pauvre au nord-ouest de la Chine et se révolte lorsqu’elle apprend, à douze ans, que ses parents n’ont plus les moyens de l’envoyer à l’école. Sa mère, comprenant sa douleur aura l’idée de confier les carnets intimes de sa fille à des journalistes français de passage. C’est grâce à eux que ce journal authentique parvient aux lecteurs occidentaux qui se mobiliseront pour financer les études de Ma Yang et de dizaines d’autres enfants de ce petit village oublié de la croissance économique chinoise.
Un témoignage bouleversant qui pourra sans doute permettre à de nombreux jeunes Français de prendre conscience de la chance qu’ils ont de pouvoir étudier.
Les journaux intimes font la part belle aux tourments de l’adolescence et notamment ceux éprouvés par les filles, qu’elles se prennent ou non au sérieux :
L’amour au vol de A-M. Pol. Castor Poche. Flammarion. 2005.
Flora a raté son brevet : révisions obligatoires donc, sans compter l’aide à apporter aux parents dans le salon de coiffure. Et ce n’est pas son copain Théo qui va lui changer les idées. En revanche, prête à tout en vue du grand amour, elle est persuadée l’avoir rencontré en la personne d’Axel, descendant des Ker Artus, de retour à Plougirec-les-Bains. Elle s’emballe dans son journal (sans compter ses prétentions littéraires), mais la vérité sera dure à digérer : Axel est un escroc ! Néanmoins, la déception sera compensée par la découverte que le vrai prince charmant, c’est Théo.
Un journal qui s’étale sur une dizaine de jours à peine ; lecture facile.
La fête d’une princesse et Une princesse dans la tourmente. Journal d’une princesse 7 et 8 de Meg Cabot. Hachette. 2006 et 2007.
Suite des aventures de Mia, toujours aussi anxieuse : cette fois-ci, elle s’aperçoit que la caisse du comité des délégués de classe dont elle est présidente, est vide. Comment préparer correctement dans ce cas la remise des diplômes de fin d’année ? Sa grand-mère va lui venir en aide, mais de façon intéressée. Surcroît de stress, Michael, son petit ami, organise une fête et Mia craint bien de ne pas être à la hauteur.
La naïveté pathologique de cette princesse n’a d’égal que son humour et sa sincérité, qui la sauvent. Dans le dernier opus, c’est la catastrophe : épouvantée à l’idée que son ami parte pour un an au Japon, Mia, enfin décidée à franchir le pas et à lui offrir « son petit capital », découvre avec horreur que lui a déjà perdu le sien ! Malade de jalousie, ulcérée, fâchée avec sa meilleure amie, Lili, soeur de Michaël, elle laisse partir ce dernier sans qu’ils aient pu s’expliquer et sur un affreux malentendu ...
Planète Janet et Planète Janet sur orbite de D. Sheldon. Traduit par A. Journo-Durey. MilléZime. Bayard Jeunesse. 2004 et 2006.
Humour anglo-saxon pour ces deux opus qui narrent durant une année (décembre à mai, puis juillet à décembre) les aventures et surtout les états d’âme de Janet Bandry, affublée d’une famille tout ce qu’il y a de plus horripilante : un père psy qui va quitter la maison, car il a une liaison avec une patiente, un frère, Justin, « traître » et « fourbe » , une mère en pleine crise, qui finira par trouver un autre homme, gratteur de guitare, écolo et nanti de deux filles « infernales ». En attendant, Janet et son amie Disha passent par une « Phase philosophale », puis par les affres de l’amour. Pourtant bonnes observatrices de ce qui les entoure, elles n’en succomberont pas moins toutes deux aux pièges des apparences, avant de retrouver équilibre et raison.
Le journal de Bridget Jones et L’âge de raison de H. Fielding. J’ai lu. 2000. 2004.
Inutile de présenter cette héroïne désopilante, capable de rire d’elle-même, que le cinéma a popularisée...
Défense de lire ce livre de P. Moon. Traduit par R-M. Vassallo.Tribal. Flammarion. 2002.
L’interdiction correspond sans doute à ce que tout ado qui se respecte inscrit sur ses carnets intimes. Nous ne l’avons pas respectée et avons donc lu le journal intime de Finch Penny, anglaise de presque treize ans qui vit avec sa mère, Debbie, et sa grand-mère d’adoption, Nolly. Ce journal très court (21 juin-17 août) commence sur ses soucis d’adolescente : elle y parle de Cassie et de son lapin nain, Graeme, ses meilleurs amis et surtout du fait qu’elle déteste le nouvel ami de sa mère, le plombier Ian, qu’elle surnomme « Action man ». Au fil des pages, on s’attache à cette héroïne capable de mensonge grave (elle accuse Ian de l’avoir maltraitée), mais également de faire amende honorable et surtout de comprendre les « trahisons » des adultes (sa mère lui a menti au sujet de son père).
Je n’oublierai jamais ces moments-là de D. Laufer. Illustrations de J. Wintz-Litty. Syros. 1996. Réédité « Les uns les autres ». Syros Jeunesse. 2003.
Bulle rédige un carnet secret : des titres remplacent les dates au gré de ses états d’âme. Elle se trouve trop grosse, ne comprend plus ses parents (et réciproquement), se sent écrasée par la réussite de son frère. Elle analyse avec lucidité tous les moments de joie et de découragement, les sentiments contradictoires et violents qui l’assaillent.
La fin est résolument optimiste, grâce notamment à la rencontre avec un écrivain qui s’inspire d’elle pour mettre en scène une jeune fille dans son dernier roman. Très belles illustrations sous forme d’aquarelles.
Le château de Cassandra de D. Smith. Traduit par A. Krief. Gallimard Jeunesse. 2004.
Deux soeurs vivant au sein d’une famille excentrique et désargentée, dans un château du fin fond de l’Angleterre, voient arriver leurs nouveaux voisins, deux beaux et riches américains. Cassandra, la cadette, rédige leur quotidien dans ses cahiers : l’amour réserve bien des surprises ... Pour les bons lecteurs, un gros ouvrage, peu récent (1949), au charme désuet.
Jamais contente. Le journal d’Aurore de M. Desplechin. Médium. Ecole des loisirs. 2006.
Le titre donne le ton ; à quinze ans, élève de troisième, Aurore passe son temps à râler à propos de tout ce qui la concerne : le collège et ses profs, l’absence de petit ami, ses parents, ses sœurs qu’elle jalouse, la grande, Jessica, pour sa beauté et la petite, Sophie, pour son intelligence, ses copines, Lola, Samira, notamment, qui ne la soutiennent pas, avec qui elle se fâche ... Bref, c’est la Crise d’adolescence dans toute sa splendeur, mais racontée avec beaucoup de distance et d’humour. Aurore se regarde vivre et agir durant une année scolaire comme si elle était une autre, n’en revenant pas de se montrer si odieuse et finissant par prendre avec philosophie ses rendez-vous chez la psy, son redoublement (elle n’a même pas passé le brevet), ses amours de vacances avec Julien qu’elle entretient au téléphone et le séjour chez ses grands-parents que ses parents, excédés, lui imposent en la prenant au mot.
L’orpheline dans un arbre de S. Morgenstern. Médium. Ecole des loisirs. 2005.
Elevée pendant quatre ans par sa grand-mère après la mort de ses parents, Clara-Camille Caramel est placée dans un orphelinat pour enfants riches depuis l’âge de six ans. Passionnée d’écriture et rêvant d’une famille depuis toujours, elle gagne un concours qui va lui permettre de passer quinze jours dans une famille californienne. Elle imagine déjà le beau jeune homme qui lui a envoyé des lettres si charmantes. Mais Jérémiah a soixante-quinze ans, vit seul et construit des cabanes dans les arbres ... Le journal de Clara-Camille témoignera en moins de trois semaines que l’on peut surmonter une énorme déception et trouver les racines que l’on cherchait.
Même si la coïncidence finale paraît peu plausible (la grand-mère de l’héroïne fut le grand amour de Jérémiah), c’est un livre roboratif, plein d’humour et d’émotion, comme l’auteure sait si bien les écrire.
La fille du papillon de A. Mulpas. Exprim’. Editions Sarbacane. 2006.
Sujet douloureux et ton original pour ce journal poétique et métaphorique, parfois très proche de l’oral, rédigé par Solveig, seize ans, bien qu’elle se gausse de cette pratique. Souffrant de la mort récente de sa mère et du papillonnage de son père, l’adolescente s’éprend d’un garçon qu’elle surnomme « Le Monde ». Voulant vivre pleinement, tout, tout de suite et sans concessions, elle désarçonne son père, pourtant prêt à se stabiliser sur le plan affectif, fugue avec Manon, sa meilleure amie et malmène son copain qui perd patience ... En quelques semaines, sa vie et ses convictions sont bouleversées.
Nouvelle collection de romans pour adolescents qui veut valoriser « des écritures orales, interactives et hybrides ».
Un studio sous les toits de Gudule. J’ai lu. 2002. Réédité en Tribal. Flammarion. 2005.
Lucie est une adolescente gâtée puisque ses parents lui préparent un studio pour sa majorité ! En attendant, elle rencontre Hugo, jeune homme ténébreux qui la trouble... Elle découvre que ce jeune, si différent des autres lycéens, est en réalité maltraité par un père alcoolique. Le jour où celui-ci va trop loin, Hugo s’enfuit et tout naturellement, Lucie le cache dans le fameux studio... Mais ses parents finissent par découvrir la vérité et préviennent M. Grimaldi. Ce dernier, repentant, accepte de se faire soigner, en attendant Hugo habitera le studio.
On aimerait que la réalité soit toujours aussi belle (à la fin !)...
Mélodie des îles de Gudule. Castor Poche. Flammarion. 2006.
Mélodie vient d’emménager à la campagne avec sa famille et consigne toutes ses impressions dans son journal intime. Un nouvel ordinateur lui permet par ailleurs de commencer à effectuer des recherches concernant son père biologique, suite aux remarques racistes d’un camarade de collège. En effet, la jeune fille est née d’un amour de jeunesse de sa mère avec un chanteur de reggae jamaïcain rencontré à La Martinique, Zamal, dont elle ne sait rien. Les recherches restent vaines, mais Mélodie rencontre Dread grâce à un forum et les échanges deviennent de plus en plus intimes au fil des jours. Cependant Mélodie s’est enferrée dans un mensonge : elle s’est décrite comme étant rousse aux yeux verts et elle panique lorsqu’elle doit enfin le rencontrer. Mais, après un dernier malentendu, le miracle a lieu : Dread, antillais d’origine, est ravi de retrouver à travers elle un peu de son « pays »...
Comme dit l’héroïne « Un vrai contes de fée » !
Gazelle de la nuit de Gudule. Pocket Jeunesse. 2002.
En cette fin du mois de juin, Valentine quitte le collège et commence son journal, car pendant deux semaines, elle va travailler sur un tournage ! En effet, son père, Claude Vincenot, chef décorateur, lui a décroché un petit rôle dans « L’évadé », film dans lequel joue le célèbre et si sexy Stephen Wood. Toutes ses copines la jalousent bien sûr, mais les choses évoluent d’une façon imprévue. Intriguée par une double présence mystérieuse, un cheval et un jeune homme qui ressemble à Brad Pitt, Valentine met en péril David, jeune moniteur d’équitation de dix neuf ans ans, recherché par la police. Une idylle se noue ; il lui sauve la vie lors d’un incident de tournage (son cheval s’emballe) et tout s’arrange, encore une fois comme dans les contes de fées !
Kaïra de Gudule. Tibal. Flammarion. 2001.
Pauline, une adolescente de quinze ans, se lie d’amitié avec Mathilde dont le père dirige une revue, « Frénétik », qui publie des mangas. Pauline découvre ainsi un univers qu’elle adore et pourra notamment rencontrer Kaïra, l’auteur de sa BD préférée, « Hojo le Rebelle ». Elle est étonnée par sa jeunesse, puis très vite fascinée par sa beauté et son mystère... Elle tente tout pour essayer de mieux le connaitre et finit par découvrir la vérité sur l’auteur si fuyant : il s’occupe de son frère jumeau, Hisao, traumatisé à jamais par le décès de leurs parents dans un accident et craint toute relation amoureuse qui perturberait son frère...
Un journal qui s’étale de Février à Mai, pour raconter la naissance d’un amour, dans un milieu particulier, celui de la BD.
Regardez-moi de Gudule. Tribal. Flammarion. 2001.
De l’excitation à la déception, Gina confie son parcours à son journal intime. Choisie à seize ans et demi pour devenir la vedette de l’émission « Regardez-moi », elle n’en revient pas ! Elle réussit à convaincre ses parents d’être filmée en permanence chez elle, au lycée, partout, pendant trois mois... Mais Gina déchante vite, car elle prend conscience de l’hypocrisie qui règne autour d’elle : nouveaux amis qui se manifestent tout à coup, alors que les vrais, dégoutés devant cet étalage de l’intimité, s’éloignent progressivent d’elle pour manifester leur désapprobation. Obligée de se cacher ou d’aller aux toilettes pour écrire son journal ou une lettre à sa copine Caramelle, harcelée par les pro- et les anti-émission, Gina commence à comprendre quelle erreur elle a commise et cherche à se dédire de son contrat, mais en vain : trop d’argent est en jeu ! Une fois tous les stratagèmes épuisés (grève de la parole, sabotage de la diffusion, appel aux téléspectateurs), il ne lui reste plus qu’à employer les grands moyens : simuler son enlèvement grâce à l’aide de son copain Loud. Dès lors, c’est la clandestinité, le déguisement : même ses parents ne savent rien. Socio-life profitera quand même de l’aubaine pour faire de l’audience et retrouver un autre candidat !
Un roman intéressant qui présente le mérite de montrer aux jeunes la face cachée et les désagréments de la télé-réalité !
L’Amour en chaussettes de Gudule. Thierry Magnier.1999.
Sujet quelque peu « délicat » : Delphine est amoureuse de son professeur d’arts plastiques depuis que ce dernier a proposé un super cours sur le préservatif ! L’intéressé ne rentre pas dans son jeu, mais elle le harcèle... Il finit par l’inviter chez lui, où il lui présente Hans avec lequel il vit depuis cinq ans ! La leçon est sévère pour Delphine qui ouvre enfin les yeux sur son entourage et vivra sa première expérience sexuelle avec Arthur, amoureux d’elle depuis longtemps.
Rédigé sous forme de journal intime, ce roman a le mérite d’aborder sans fards les questions qui habitent ou tourmentent les jeunes et c’est sans doute faire œuvre éducative que de dédramatiser l’usage du préservatif... Néanmoins ce récit m’a laissée mal à l’aise, peut-être parce qu’on a l’impression que si l’enseignant repousse les avances de Delphine, c’est parce qu’il n’est pas « libre » ou qu’il n’est pas attiré par les femmes... Et si ce n’avait été le cas ? À chacun de juger !
Cela n’empêche pas néanmoins certains garçons de se confier :
Le journal de Jean la Bourrasque de Vamba. Traduit par N. Quey Cauvet. Poche Jeunesse Junior. Hachette. 1995.
D’abord publié, en Italie, sous forme de feuilleton à l’attention des enfants, en 1907, ce journal met en scène un alter ego de la célèbre Sophie : Gianino est en effet un garnement de la bourgeoisie qui sème la terreur sur son passage en accumulant les bêtises. Mais le personnage évolue : désireux d’appliquer au pied de la lettre les conseils d’honnêteté et de bonne conduite que les adultes lui prodiguent, il les piège, sans le vouloir.
Hypocrisie et mensonges sont ainsi dénoncés par l’auteur dans un récit comique et parodique.
Une corres’ pas possible ! de P. Vendamme. Les uns les autres. Syros Jeunesse. 1999.
Un ton et un propos originaux sous la plume de Pierre, un collégien impatient de recevoir sa correspondante anglaise. Kate arrive enfin, mais en béquilles et sans parler un mot de français. Et dire qu’elle est là pour presque deux mois ! D’abord conflictuelles et tendues, les relations entre Pierre, Kate et les parents de Pierre évoluent : chacun apprend à connaître et respecter l’autre. Quand ils se quittent, c’est une véritable amitié fondée sur l’estime qui est née : ils continuent à correspondre grâce au net.
Un texte simple : l’écriture quotidienne aide Pierre à grandir et à s’affirmer.
Le huitième loup de M. Lamigeon. Les uns les autres. Syros Jeunesse. 2002.
Le journal intime d’un scientifique, au tout début du vingtième siècle (Mars à Novembre 1901), narre l’observation qu’il fait d’une meute de loups au sein de laquelle vit une enfant sauvage. Dès qu’il découvre, stupéfait, l’existence de cette fillette âgée de six ans environ, le narrateur n’a de cesse que de l’observer et d’essayer de l’approcher, notamment quand les sept loups sont partis chasser. Mais il comprend enfin qu’il serait vain et dangereux de vouloir la « capturer » pour la rendre aux humains. Sa vie, certes rude, est désormais avec les loups qui l’ont élevée. Il ne gardera d’elle qu’une minuscule dent de lait et une mèche de cheveux.
Récit simple et facile.
Ceinture noire. Journal de James de N. Plüss.Traduit par J-L. Defromont. Poche Jeunesse Senior. Hachette. 1998.
Rédigé entre juin et décembre, ce journal traduit l’évolution du jeune garçon. La vie de James se partage entre sa passion pour le karaté, il vise la ceinture noire, et son amour pour sa petite sœur Suzie, handicapée à la suite d’un accident de la route. Il se sent notamment obligé de la protéger, surtout depuis que leur mère est partie travailler à Broken afin de gagner davantage d’argent, nécessaire aux soins de Suzie. Mais celle-ci se fait agresser par Brad et Toby dans son école : James la défend en utilisant ses capacités de karaté, ce qui lui vaut les foudres de son professeur Senseï. Celui-ci essaiera de lui faire comprendre par tous les moyens que la vengeance est inutile et qu’être fort, ce n’est pas se battre au contraire, y compris en prenant comme élèves les deux agresseurs.
Lecture facile, qui plaira aux amateurs de sports de combat.
Holmes et moi de J. Alikavazovic. Médium. École des loisirs. 2003.
C’est le titre du cahier intime d’Armand, adolescent de quinze ans dont la vie n’est pas un long fleuve tranquille. Il n’a plus de nouvelles de son père, disparu sans crier gare, sa mère s’est suicidée et il vit depuis quatre ans avec sa tante, surnommée Holmes, qui va bientôt mourir, à trente deux ans. Élevé très librement, Armand sèche le lycée, se démarque des autres, tant par son comportement distant que par ses vêtements. La complicité qui unit Holmes et son neveu transparaît à chaque ligne du carnet, celui-ci devenant également une chronique des angoisses inavouées d’Armand, de ses interrogations sur son identité et de son évolution. Auto-dérision et humour du narrateur évitent constamment au récit de sombrer dans le mélodrame ; la distance mise à analyser les choses (qui lui sera d’ailleurs reprochée par la belle Théa, lectrice « sauvage » de son cahier) semble une manière de se protéger. Sachant qu’il est condamné à se retrouver seul très bientôt, Armand se prépare comme il peut, rassure Holmes sur son avenir, avec la complicité de Quentin, ex-amoureux, promu mari pour la circonstance. Lui qui s’interrogeait sur ses tendances sexuelles au début du récit, bascule avec délices dans les bras de la fascinante Théa et s’allie en affaires avec Louise, aussi intelligente qu’amorale...
Une écriture agréable et moderne, qui plaira aux adolescents.
A présent, une série de journaux (dont quelques-uns rédigés par des garçons) qui vont nous plonger dans l’Histoire :
Le Livre de Catherine de K. Cushman. Traduit par R. Fejtö. Médium. École des loisirs. 1998.
« Ah, qu’il est difficile de nos jours de marier sa fille de treize ans ! ». C’est sans doute ce que pense Rollo, père de Catherine, seigneur du manoir Stonebridge, du comté de Lincoln, Angleterre, en 1290 ! En effet, la jeune femme, rebelle, n’est pas décidée à obtempérer et tous les moyens sont bons pour refuser la kyrielle de prétendants tous aussi laids, vieux, bêtes et malpropres qui défilent au manoir... Enfermée, parfois battue, Catherine n’en déborde pas moins de vitalité etrédigeconscieusement, sur les conseils de son frère Edward, apprenti-moine, un journal souvent désoplilant, qui fourmille d’indications sur l’époque. Est-elle « moins puérile et plus instruite » (souhaits de son frère) au bout d’un an, quand s’achève son journal ? En tout cas, le destin lui sourit : l’affreux Barbe-Touffue, son promis, vient de mourir et c’est son fils Stéphane, devenu baron de Selkirk, qui prend le relais ! Il est jeune, propre et avide de s’instruire : Catherine consent à l’épouser...
Une héroïne attachante et farfelue, féministe bien avant la lettre qui donnerait des leçons aux jeunes femmes soumises (s’il en est encore) d’aujourd’hui !
Constance. Journal d’une jeune fille aux premiers temps de la Nouvelle-Angleterre de P. Clapp. Traduit par E. Lepelley et B. Moissard. Médium. École des loisirs. 1988. Liste 5e/4e.
Le sous-titre indique bien le cadre historique : à travers l’histoire de Constance Hopkins, c’est celle des pélerins du Mayflower qui débarquent en novembre 1620 pour fonder Plymouth (actuel Massachusets), que l’auteure nous conte. Le journal, rédigé sur un cahier offert par Élizabeth, belle-mère discrète et attentive, s’achève en février 1626, le jour du mariage de Constance avec Nicholas. Entre temps, la jeune fille de quatorze ans, peu avenante à son goût, ulcérée de quitter Londres et persuadée, à juste tire au moins au début, que la vie de colon ne sera pas de tout repos, s’est transformée en une belle jeune femme, qui a su analyser avec finesse et humour les événements quotidiens, familiaux ou sociaux de sa vie, ainsi que ses sentiments contradictoires et tumultueux.
Une héroïne attachante et très « moderne » qui séduira surtout les filles et les passionnés d’histoire.
Journal d’une sorcière de C. Rees. Traduit par M. Albert. Seuil. 2002.
Situé à peu près à la même époque, entre mars 1659 et juillet-août 1660, voici le journal de Mary « Newbury », qui vient d’assister, en Angleterre, à l’exécution publique de sa grand-mère, convaincue de sorcellerie, elle-même se trouvant menacée. Sauvée par sa propre mère qui l’a apparemment abandonnée depuis quatorze ans, Mary embarque sur « l’Annabel », en partance pour l’Amérique, avec un groupe de colons puritains. Dès le début du voyage qui durera trois mois, elle subira la méfiance et l’hostilité de ses compagnons, face à ses dons, qu’elle s’efforce pourtant de cacher au mieux. Installée à Salem, malgré la protection et l’amitié de certains (Martha, Sarah et John Rivers, Rebecca et Tobias), Mary devient vite la proie de l’intolérance et du fanatisme religieux (le Révérend Johnson, la famille Vane, Obadia Wilson). Son intelligence, sa curiosité, ses connaisssances (elle sait lire et écrire, elle sait guérir avec les plantes), sa soif de liberté, lui attirent jalousie et suspicion. L’amitié qu’elle entretient avec Geai, l’indien, la rend définitivement coupable aux yeux des puritains. Suite à une machination, elle doit s’enfuir pour éviter d’être brûlée. C’est Martha qui cache le journal dans une couverture en patchwork, puis dans le coffre de Mary, censé avoir été retrouvé.
La suite des aventures de Mary seront contées, de façon très sophistiquée, mais plus sous forme de journal intime, dans Vies de sorcières. Trois cents ans plus tard, Agnès, d’origine indienne, revivra le destin de Mary et les souffrances de son peuple d’origine.
Récits initiatiques extrêmement bien documentés, ce qui n’enlève rien à l’attachement qu’on éprouve pour les personnages.
Intrigue au bal masqué. Journal de Lady Grace 3 et Trahison et fausse monnaie. Lady Grace, tome 4 de P. Finney Traduit par A. Lenoir et R-M. Vassalo. Flammarion. 2006 et 2007..
La suite des aventures de Lady Cavendish, qui une fois encore, enquête secrétement pour la reine Élisabeth. Celle-ci envisage plus ou moins de se marier et reçoit l’un de ses prétendants, le prince Sven de Suède. Mais la reine ne cesse d’être victime « d’accidents » étranges qui toujours mettent en cause son amoureux secret, le comte de Leicester. Même si elle se laisse abuser un moment par le charmant John Hull, Lady Grace, aidée de ses fidèles amis Masou et Elsie, avec la complicité de la souveraine elle-même, saura déjouer l’horrible complot fomenté par Sven, visant à discréditer le comte aux yeux de la reine pour obtenir sa main.
Dans le tome 4, le cadavre d’un homme est découvert dans un bateau, les yeux clos recouverts chacun d’une pièce de monnaie ; or celle-ci n’est pas encore en circulation ! Lady Grace, qui continue de mener des enquêtes et de résoudre des mystères, dont elle rend compte dans son journal au quotidien et toujours secondée de Masou et d’Elsie, va découvrir qu’il s’agit d’une affaire de fausse-monnaie. Elle n’hésitera pas à risquer sa vie pour démasquer un coupable très haut placé : le Gouverneur de la Monnaie, Sir Edward. .
Un ton toujours enjoué pour une enquête sur fond historique.
La ballade de Lucy Whipple de K. Cushman. Traduit par R. Fejtö. Médium. Ecole des loisirs. 2002.
L’auteure (voir plus haut) change de période pour aborder l’histoire de Californie Whipple (qui se rebaptise Lucy) rédigée entre l’automne 1849 et l’automne 1852. Bien que l’héroïne n’évoque jamais le fait qu’elle rédige un journal intime, on peut imaginer que c’est le cas étant donné les dates et son goût pour l’écriture. Agée de 14 ans, Lucy doit aider sa mère, veuve, ayant perdu deux jeunes enfants, venue en Californie avec les quatre restants. La vie est beaucoup plus dure qu’au Massachusets : il faut repartir à zéro, vivre sous la tente-pension de famille érigée pour loger et nourrir les chercheurs d’or mal dégrossis, faire face aux aléas de la vie (la mort de son frère, l’incendie complet du village si patiemment et durement construit) ... Lucy n’aspire qu’au retour à la « civilisation » dont elle entretient sans arrêt ses grands-parents par lettre. Mais, sur le point d’accomplir enfin son projet, sa mère refaisant sa vie, elle comprend que tous les êtres et lieux chers sont dans son cœur et qu’elle peut rester dans l’ouest. Elle, si passionnée de livres et de lecture, deviendra la première bibliothécaire de Lucky Diggins reconstruit.
Un portrait de jeune fille courageuse et libre, sur arrière-plan de conquête de l’Ouest.
Mon étrange petite sœur et les prisonniers d’Alcatraz de G. Choldenko. Pocket Junior Littérature.
Mathieu Flanagan, surnommé Caribou, a douze ans lorsqu’il arrive sur l’ïle d’Alcatraz, en 1935. Son père vient d’y trouver un travail comme gardien-électricien. Ce qui a poussé la famille à venir s’installer sur cette « île du diable » où séjournent les plus grands criminels dont Al Capone ? C’est la proximité d’un institut spécialisé à San Francisco où Nathalie, la grande sœur autiste, pourrait être scolarisée. Dès lors, sur une période de six mois, de janvier à juin, Mathieu raconte son nouveau quotidien, ponctué par les crises de Nathalie et les frasques de la fille du directeur, Lola, une fille à la forte personnalité n’hésitant pas à lancer ses camarades dans des aventures illicites, comme de faire laver leur linge par les prisonniers. L’attachement de Mathieu à sa sœur est à la mesure des ennuis qu’elle lui attire : il fait le maximum pour la protéger quitte à recourir aux services du redoutable bandit qui confère sa réputation à l’îlot. Celui-ci a déjà été conquis par Nathalie et prouvera son humanité en favorisant le projet auquel tient tant la famille Flanagan.
Un récit original mêlant habilement fiction et histoire, sur un sujet peu abordé en littérature de jeunesse (note 3)
Restons dans un contexte historique, mais plus proche de nous et centré sur les guerres :
Le Journal d’Adèle de P. du Bouchet. Folio Junior. Gallimard. 1998. Liste 5e/4e.
Les fictions mettant en scène la première guerre mondiale sont nettement moins nombreuses que celles concernant la deuxième. Ce petit récit sous forme de journal intime est donc d’autant plus précieux. Adèle, quatorze ans, éprouve l’impérieuse nécessité d’écrire le 30 juillet 1914, car les rumeurs vont bon train. De fait, le lendemain les cloches sonnent à Crécy : c’est la guerre ! Ses frères, Eugène et Paul, quittent la ferme pour aller combattre, son père est appelé en juillet 1915. Adèle livre ses angoisses et la vie au quotidien : l’attente des lettres, les envois de colis, les rares permissions, le rationnement, les gens qui perdent leurs proches. Eugène meurt en janvier 1916, puis c’est au tour du père en mai. Adèle n’a plus envie d’écrire... Paul revient en août, mais avec une jambe en moins et ne veut plus épouser sa fiancée Louise... Adèle et les siens tentent de reprendre le dessus, son amie Alette va se marier avec Étienne, Adèle correspond avec son un filleul de guerre, Lucien, qui vient la voir en juin 17. Mais la guerre n’est pas finie et le malheur continue : Alette, Étienne... Adèle finit par comprendre qu’elle est amoureuse et la guerre terminée, les sentiments peuvent s’épanouir ! Le journal s’achève le 21 mars 1919, le jour de son mariage avec Lucien.
Un texte simple qui fait part des émotions et révoltes d’une jeune fille tout en témoignant de son évolution.
Mon journal de guerre de Y. Mauffret. Cascade. Rageot Éditeur. 1996.
Thomas va avoir treize ans, et son père, prisonnier de guerre, lui écrit en lui demandant de commencer un journal qu’il pourra lire à son retour. Thomas pense n’avoir pas grand-chose à raconter en ce triste Noël 1942, mais il se prend au jeu. Le quotidien de la France occupée défile ainsi sous nos yeux : les rationnement et les queues, les arrestations, la résistance... Thomas mûrit et comprend mieux l’horreur de ce qui se déroule. Le journal s’achève sur l’armistice et le retour prévu du père.
La guerre vue par un adolescent, simple et grave.
A la guerre comme à la guerre. Dessins et souvenirs d’enfance de T. Ungerer. Médium. Ecole des loisirs. 2002.
Abondamment illustrés, les souvenirs de l’auteur-illustrateur présentés comme son journal intime. Ecartelé entre le français parlé à la maison, l’alsacien avec les camarades et l’allemand à l’école, le petit Tomi voit la guerre avec le regard d’un enfant de huit ans (en 1940), tout en étant capable de contester ...
Des souvenirs précieux et abordables pour les jeunes d’aujourd’hui.
Dakia, fille d’Alger de Dakia. Castor Poche. Flammarion. 1999.
Témoignage (réécrit) d’une adolescente de quatorze ans prise dans la tourmente des attentats et du terrorisme dans son pays. Lucides et courageuses, opposées au fanatisme, Dakia et sa sœur devront néanmoins quitter le pays, car leurs parents, laïques et démocrates, figurent sur la liste noire des islamistes.
Héroïne attachante et aspect documentaire font l’intérêt de ce livre.
Le Journal de Zlata de Z. Filipovic. Traduit par A. Cappon. Pocket. 1999.
Zlata a onze ans quand elle commence son journal en septembre 1991. Elle mène une vie tranquille et favorisée, lorsque tout bascule en mars/avril 92 : elle habite Sarajevo, c’est la guerre en Yougoslavie, elle est de confession mulsulmanne. Le journal devient le confident de ses peurs, de son désespoir et de sa révolte face à l’horreur.
Le journal s’étale sur deux ans, On se souviendra que des copies du journal ont circulé à Sarajevo et que des journalistes français ont assuré sa traduction et sa publication. La notoriété de la jeune fille lui permettra de venir à Paris avec ses parents. Un livre qui fit beaucoup de bruit à sa sortie et que l’on a souvent comparé à celui d’Anne Frank.
Soliman le pacifique. Journal d’un enfant dans l’intifada de V. Massenot. Poche Jeunesse. Hachette. 2003.
Retour à un narrateur garçon (fictif) pour ce petit roman dont le sous-titre évoque le contenu. Soliman vit en Cisjordanie, son grand frère est mort lors de la première Intifada, sept ans jour pour jour avant que ce journal ne commence. Soliman a trouvé le cahier dans les affaires de son frère, il cherche à comprendre pourquoi tant de souffrance, alors qu’il n’aspire qu’à la paix. L’horreur reprend avec la deuxième Intifada : son ami Samy veut se battre, et le paiera, mais lui, a promis à sa mère qu’il ne chercherait pas à venger la mort de son frère. Son écriture deviendra témoignage.
Il confiera son journal à Joël Nicolas, journaliste français indépendant, qui le fera lire aux jeunes occidentaux
Enfin, la collection « Mon histoire » chez Gallimard Jeunesse propose des fictions historiques sous forme de journal intime, telles Je suis une esclave. Journal de Clotee, 1859-1860 de P. C. McKissack. 2005, En route vers le nouveau monde : journal d’Esther Whipple 1620-1621 de K. Lasky ou Nzinngha princesse africaine de P. C. McKissack. 2006.
Elizabeth Vlieghe. Lycée Gaston Berger, Lille. Réécriture pour Passages