Travailler le fantastique ou le parodique à partir d’une figure symbolique

Construire un réseau autour des vampires
Le vendredi 21 mars 2003.

La légende affirme que le vampire est éternel... Les succès littéraire et cinématographique du personnage, via notamment celui de Dracula, semblent confirmer cet adage ; la littérature de jeunesse n’est pas en reste comme en témoignent les multiples ouvrages parus depuis vingt ans et ce à destination de tous, même des plus jeunes !
Bien évidemment avec l’engouement croissant des lecteurs pour la littérature fantastique, ce mythe a été encore davantage repris et décliné, essentiellement dans deux grandes directions, me semble-t-il. D’une part, l’aspect humoristique et parodique, souvent à destination des plus jeunes. Il s’agit avant tout de faire rire -même si ça fait un peu peur-, de détourner le mythe : vampires d’opérette, qui n’ont plus de vampires que le nom, qui ont perdu tout pouvoir, ridicules ou pitoyables, bernés, qui boivent tout sauf du sang, à moins qu’il ne s’agisse que de mauvais rêves, ouf ! D’autre part, l’aspect fantastique existe bel et bien, avec toutes ses nuances et ses variations : horreur et frissons sont au rendez-vous, le happy end pas toujours... Les vampires ont du vague à l’âme et n’assument pas toujours leur condition ou du moins se posent des questions : les auteurs ont non seulement lu Bram Stoker mais également - et entre autres - Anne Rice [1] Plus que jamais l’intertextualité est au rendez-vous ! Certains de ces romans proposent souvent une réflexion sur le bien, le mal, l’identité et la personnalité, les choix nécessaires, parfois douloureux, qui entraînent toujours la "mort" de certains désirs pour mieux en vivre d’autres... On pourra joyeusement mixer le tout ou au contraire ne privilégier qu’un des deux aspects

La production abonde.... Comme toujours certains titres sont épuisés, aussi ne mentionnerai-je que ceux encore en vente ou que l’on peut au moins se procurer en bibliothèque, sans prétendre à l’exhaustivité ! Cela s’étend de la maternelle au lycée en ne retenant que les collections identifiées pour la jeunesse. On ne s’interdira pas évidemment les incursions chez les adultes en fonction de l’âge et du degré de maturité des élèves.

Figure en annexe un élément du modeste travail effectué avec une quatrième d’aide et de soutien, à savoir les questions qu’ils ont imaginé que l’on pouvait poser au vampire de l’histoire qu’ils allaient lire. Les réponses écrites, formulées en "je", ont servi de base à une restitution orale en classe afin de comparer les caractéristiques des différents personnages mis en scène (les titres choisis allaient de l’album pour petits au Dracula de B. Stoker - version intégrale parue chez Hachette Jeunesse, "Bibliothèque Verte Plus" en 1988 -, lu entièrement par une élève passionnée... D’aucuns l’avaient déjà dit : l’homogénéité est un mythe !).

Quelques contes et nouvelles peuvent être proposés :

Tout d’abord, deux très faciles :

"Une étrange maladie" in Histoires fantastiques racontées par V. Cerny, Z. Cerna et M. Novak. Poche Jeunesse. Hachette. 1981.
C’est grâce à un bibliothécaire cultivé, connaissant bien les vampires, qu’un villlage sera sauvé de cette "maladie" qui frappait ses habitants depuis la disparition de Lajos et la mort mystérieuse de sa fiancée Juliska.

"Le fiancé vampire" in 13 contes et récits d’Halloween . Castor Poche. Flammarion. 2000.
Ileana est poursuivie par son ancien fiancé, le berger Ion, devenu un "strigoï", un vampire. Elle lui échappera grâce à l’aide d’une poule et d’une vieille femme.

Plus difficiles, à réserver aux grands de collège et aux lycéens :

"La robe de soie blanche" de R. Matheson in Histoires de morts-vivants . La grande anthologie du fantastique. Presses Pocket.1977.
Très beau texte rédigé à la première personne par une petite fille à l’hérédité chargée. Malgré ses précautions, sa grand-mère n’évitera pas le vampirisme poussé jusqu’au cannibalisme ! Comme dans "Journal d’un monstre", un langage qui présente une syntaxe particulière et un dévoilement progressif de la "vérité" jusqu’à l’atroce chute...

Les cent ans de Dracula . "Huit histoires de vampires de Goethe à Lovecraft. Anthologie présentée par B. Sadoul. Librio. 1997.
Plus littéraire. Un bon moyen de découvrir les variations et les évolutions du mythe.

Avant de passer aux albums et romans, une saynète qui peut convenir aux plus jeunes :

Vampire ? Vous avez dit "vampire" (et 12 autres pièces) d’Ann Rocard. Le Temps Apprivoisé.1995.
Un petit vampire au chômage rencontre Samson Dantombé, qui justement cherche un vendeur pour ses brosses à dents et dentifrices. Facile à jouer, jeux de mots amusants.

Mona, la vampire de S. Holleyman. Albin Michel jeunesse. 1990.
Mona adore les histoires qui font peur : elle aimerait être vampire... Un samedi, avec son chat, elle se déguise et sa mère lui confectionne un menu "spécial". La fillettte se prend au jeu et conserve son rôle à l’école le lundi, à tel point que la maîtresse ne la supporte plus ! En rentrant chez elle le soir, elle passe par le cimetière où elle a tellement peur qu’elle fait des cauchemars la nuit. Le lendemain, elle est guérie : elle va désormais s’intéresser aux extra-terrestres...

Album court et facile.

Journal d’une petite vampire de S. Holleyman. Livre animé. Albin Michel Jeunesse. 1995.
Succès garanti pour ce livre plein de surprises qui relate les aventures et les états d’âme de Charlotte de Karpathe. La parodie est au rendez-vous et donnera sans doute des idées à tous ceux qui aiment fabriquer des (livres)-objets...

La course endiablée de Dracula Junior de J. Bethlen/K. Paul. Livre animé. Rouge et Or Nathan. 1996.
En dérobant les faux-crocs de Grand-Ma pour en affubler Léo Lapina, Dracula déclenche une course poursuite et une série de catastrophes. Dans le même style que le précédent, en moins impertinent.

Petit vampire va à l’école e de J. Sfar. Delcourt Jeunesse. 1999.
Petit Vampire s’ennuie tellement au royaume des Morts, malgré la compagnie de son chien Fantomate, qu’il obtient la permission d’aller à l’école s’il est revenu avant l’aube. Malheureusement, il n’y a pas d’élèves la nuit et le Capitaine des fantômes fait la classe à ses ouailles pour le distraire. Petit Vampire écrit sur le cahier de Michel Douffon, orphelin, médiocre élève, qui constate avec stupeur le lendemain que ses exercices sont faits, sans erreurs ! Tous deux finissent par communiquer via le cahier, malgré l’incrédulité de Michel.... Mais le Capitaine découvre cette correspondance illicite et exige de rencontrer le jeune humain. Michel passe donc une nuit agitée mais très amusante chez les Morts. Moyennant la promesse de garder secret tout cela, Petit Vampire et lui resteront amis mais dorénavant, il fera ses devoirs tout seul !
Bande dessinée amusante qui évoque pourtant mine de rien le problème de la solitude et de l’éternité, de l’amour et de la mort.

Vladimir, le vampire de S. Allouche/Boiry. Mini-Kits Livres-Jardins. Hachette jeunesse. 1995.
Le vieux vampire Vladimir ne fait plus peur à personne depuis longtemps : il vit retiré dans son vieux manoir à Crochepique. Une nuit, les parents de Hugues déposent leur jeune fils devant sa porte afin qu’il se charge d’en faire un vampire digne de ce nom... Le pauvre va en voir de toutes les couleurs tant son protégé déborde de malice et ignore tout des "usages" au point de concocter son plat préféré : des pâtes à l’ail !
Petit livre très facile fondé sur un des aspects de la légende (le kit permettait bien sûr de faire pousser de l’ail, on ne sait jamais...).

Maman-momie, papa-vampire de Jack Manini. Les p’tits fantastiques. Magnard Jeunesse. 2002.
Balthazarâkid a dix ans depuis... cent ans ! Rejeton d’un authentique vampire du dix-huitième siècle et d’une antique momie égyptienne, il coule des jours heureux dans un joli caveau du Père-lachaise jusqu’au jour où ses parents lui annoncent qu’il va fréquenter l’école car ils veulent s’intégrer au monde des vivants ! Notre héros découvre la vie quotidienne des parisiens, affronte le premier de la classe qui se croit tout permis et tombe amoureux de Noémie qu’il sauve du déshonneur grâce à quelques pouvoirs magiques... L’intégration est tellement réussie que toute la famille devient vivante donc mortelle !
Beaucoup d’humour pour une histoire qui pointe ce qui fait la saveur de la vie.

Y’ a pas plus trouillard qu’un vampire ! de O. Ka/J-D. Pendaux. Les p’tits fantastiques. Magnard jeunesse. 2001.
Léo est un vampire si trouillard et si peu porté sur le sang humain qu’il a bien du mal à survivre ! Une occasion de repas ratée va lui permettre de rencontrer l’âme sœur en la personne de Rose, vampire aussi peu convaincue que lui...L’amour va les aider à renoncer à leur condition.

Le vampire du CE 1 de Gudule/D. Pelot. Kid Pocket. Pocket jeunesse. 2000.
Jérôme n’est pas un fan de l’école mais si le maître se transforme en Dracula et ses copains en vampires, quel cauchemar ! Poursuivi, il trouve refuge aux toilettes dont le génie lui fournit l’arme fatale pour l’ennemi : le miraculeux plat de nouilles à l’ail, celui-là même sans doute qu’il a ingurgité le matin au petit déjeuner ! D’où une digestion difficile et un assoupissement agité de mauvais rêves, à moins qu’il ne faille incriminer le fait d’avoir regardé "Dracula" à la télé la veille...
Très facile, humoristique. Des illustrations qui se veulent horribles, qu’on pourrait utiliser seules pour faire imaginer une histoire.

Un vampire dans la famille de R. Apps. Kid Pocket.2001.
Arthur est triste car son grand-père, qui vit chez lui, est un vampire ! De ce fait aucune possibilité d’inviter les copains à la maison et notamment sa nouvelle amie Katia. Pourtant, à force de manger des caramels mous, le grand-père doit se faire arracher ses canines et porter un dentier ! Ses camarades le rejettent et Arthur l’emmène chez Katia pour le distraire. Il y fait une découverte surprenante : le grand-oncle de celle-ci, Arnold, est un loup-garou. Voilà qui convient bien à son grand-père !

C’est dur d’être un vampire de P. Wrzecz/V. Cau. J’aime Lire. Bayard Poche. 1994.
Lou, fils de Monsieur et Madame Dragoulu en avait assez d’être un vampire, de vivre la nuit, d’être seul, de boire du sang et de n’avoir pour seules amies que deux chauves-souris ! Un matin, bravant les interdits et au péril de sa "vie", Lou part à la découverte... du jour : il s’amuse au parc avec Antoine et ses copains, tous en vacances. Au bout de trois semaines, il est tellement fatigué que ses parents appellent le docteur Globul, en vain. Lou finit même par avouer la vérité à Antoine et surtout réussit à persuader ses parents de se soigner pour quitter leur état afin de former une famille "humaine".
Retour en arrière facile à comprendre, comique de mots et de situations.

Mon copain vampire d’E. Reberg/J. Azam. Bayard Poche. 2001.
Cucula fait irruption un soir dans la chambre de Berthe : il a besoin d’aide pour cesser d’être un vampire ! D’abord réticente, elle finit par accepter de le suivre jusqu’au château Gélafrousse car cela lui permet de voler ! Cependant il leur faudra se montrer très courageux là-bas avant d’atteindre leur but : la recette de la potion qui permet de ne plus aimer le sang... Mais même "guéri", Cucula reste un sacré trouillard qui compte toujours sur son amie.
Facile et humoristique.

Un vampire à l’école d’Y.M. Clément. Cascade Contes. Rageot Editeur.1997.
Neuf courts récits assez humoristiques qui ne risquent pas de vous faire mourir de peur ! D’amusantes trouvailles à propos des noms qui donneront des idées si l’on veut faire écrire : Transfigurie, Fréredeussan, Villa Lasseringue, Monsieur Hémoglobibine, Le château de Fichelatrouille, Georges André Hémorajik, Germaine Sandredragon, Paul Henri Draculasse, etc.
Pour les plus jeunes.

Le buveur d’encre et Une paille pour deux d’E. Sanvoisin/M. Matje. Demi-lune. Nathan. 1996 et 1998.
Le mythe est revisité ici sous forme d’hommage aux livres par le biais d’une métaphore filée tout au long des deux tomes. Humour et subtilité.
Odilon est mordu par Draculivre, vieux vampire souffrant d’une telle crise de foie qu’il s’est mis à boire l’encre des livres anciens, à la saveur incomparable... Lui qui n’aimait pas lire (en dépit - ou à cause ? - d’un père libraire dévoreur de bouquins) se met à les boire (à la paille) avec avidité, vivant de merveilleuses aventures !
Au cours du deuxième épisode, Odilon qui souffre d’autant plus de la solitude qu’il doit garder le secret, rencontre fort heureusement l’âme soeur en la personne d’une nouvelle élève dont il est immédiatement mordu : elle s’appelle Carmilla bien sûr [2], c’est la nièce de Draculivre évidemment, elle le mord pour lui imprimer sa marque comme il se doit... Désormais, ils font livres communs.

La cité des buveurs d’encre et Le petit buveur d’encre rouge d’E. Sanvoisin/M. Matje. Demi-Lune. Nathan. 2001 et 2002.
On retrouve les héros déjà présents dans les deux premiers tomes de leurs aventures. Oncle Draculivre annonce paniqué à sa nièce Carmilla et à Odilon, son amoureux, une horrible nouvelle : on va déplacer le cimetière ! Refusant que ses amis ne viennent boire le stock de son père (libraire de son état), Odilon trouve enfin la solution : ils emménageront dans un immense bâtiment en forme de livre qui n’est autre que la cité des buveurs d’encre. De quoi couler des jours heureux parmi les livres...
Dans le quatrième tome de leurs aventures, nos héros décident de boire Le petit chaperon rouge mais ils se retrouvent prisonniers du conte, condamnés à vivre l’histoire et sa triste fin, à moins qu’ils n’arrivent à la modifier ! ! !
Intertextualité, mise en abyme et transgression narrative sont au rendez-vous...

Dracula contre le petit chaperon rouge de JP. Cuisinier. Tire lire poche. Magnard. 1985. [3]
La veille de Noël, la grand-mère de Sylvette Chaperon est à l’hôpital, réclamant sa petite fille qui s’y rend en taxi... Le chauffeur n’est autre que le comte Dracula, qui se réjouit à l’idée de boire le sang qu’on transfuse sûrement à la grand-mère. De multiples contretemps l’amènent à cacher la grand-mère puis à prendre la jeune fille en otage pour obtenir des flacons de sang, mais tout à la joie du festin, il se laisse piéger et relâche l’aïeule pour recouvrer la liberté avant la levée du jour...

Le dentiste est un vampire (Série "Les aventures de Zoé la trouille") de Gudule. Série. Mini-Rose. Hachette Jeunesse. 1996. [4]
"Petite fille bourrée d’imagination et qui a peur de tout" -qui pourrait bien ressembler à Gudule enfant-, Zoé est aux prises ici avec un dentiste vampire, ainsi que cinq autres enfants. Ils devront s’unir pour lui résister.
Ce qui est intéressant dans cette histoire, c’est que sa presque totalité constitue en fait le "cauchemar" dont la petite fille est la proie durant l’anesthésie qu’on lui fait pour arracher sa dent, à moins que... En tout cas on peut aborder la notion de durée (contraction-dilatation) puisque toutes les péripéties racontées sont censées se dérouler sur quelques minutes.

Je m’appelle Dracula et La fiancée de Dracula d’O. Cohen/P. Berthet. "Je bouquine" n°6, août 1984 et n°21, novembre 1985. Le premier titre repris en "Je bouquine", Bayard Poche (n°19).
Hommage non déguisé au Dracula de Bram Stoker dont la plupart des noms de personnages sont repris. L’intérêt du premier épisode est d’être raconté à la première personne par le comte Dracula lui-même qui s’estime victime des racontars infâmes de l’écrivain Bram Stoker dans son livre. Bien évidemment le comte raconte les événements de son point de vue et le lecteur averti décèlera au fur et à mesure les nombreux indices qui prouvent que le comte est moins innocent qu’il n’y paraît ! Récit en "Je" encadré par quelques paragraphes à la troisième personne, retours en arrière et remarquable mise en abîme, une bonne introduction au roman-source.
Le deuxième épisode, rédigé à la troisième personne, prend lui davantage de liberté par rapport au modèle : Dracula, sous l’identité de Jacques Dracole est devenu antiquaire. Il sévit à Paris où Van Helsing le traque, aidé du jeune Frédéric Moreau. Dracole rencontre Albertine, qui en fait est un agent de la police judiciaire... Ils finissent par être très épris l’un de l’autre. La fin "humanise" complètement Dracula : ne voulant plus assumer sa condition de vampire et pour sauver Albertine, il se donne la mort...

La nuit du vampire de D. Côté/S. Poulin. La courte échelle. Roman Jeunesse (Montréal). 1990.
Petit roman canadien qui met en scène un huis-clos, une nuit de tempête. Des jeunes assistent à un concert de musique dont le clou est la prestation d’un groupe professionnel et de son guitariste vedette, Red Lerouge. Coincés dans l’école à cause du mauvais temps, tous vont se coucher, mais une série d’événements étranges se produisent : y aurait-il un vampire dans les lieux ? C’est en fait ce que l’animateur, surnommé Etcétéra a voulu faire croire à tous pour se venger de ces jeunes qui adorent le heavy metal, musique que lui déteste ! Ce qu’il ignore c’est que Maxime, le narrateur, a découvert que Red Lerouge était réellement un vampire, mais qui s’est "désintoxiqué"... Devenu végétarien, il conserve certes quelques caractéristiques de son ancienne condition et surtout son éternité, mais il est devenu inoffensif et se consacre à sa passion : la musique.
Facile, réflexion intéressante sur la différence et les préjugés de toutes sortes.

Le pire des vampire de D. Lubar/C.Besse. Série "Drôles de monstres". Cascade Policier Junior. Rageot Editeur. 1997.
A la sortie du cinéma (il adore les films d’horreur), Sébastien est mordu... par ce qu’il découvrira plus tard être un vampire. Il prend conscience de sa métamorphose progressive, qui si elle lui procure certains avantages (voler, se transformer, sens plus aiguisés, ...) lui rend toute sortie au soleil sans être emmitouflé impossible et lui fait ressentir l’envie de plus en plus pressante de boire du sang. Aidé de son ami Norman, féru de sciences et d’informatique, il se met en quête de son agresseur, Vladivost, qu’il finit par retrouver en ville. Le vampire lui apprend qu’il retrouvera sans doute son état antérieur à moins que son destin ne soit de devenir vampire, que c’est à lui de trouver sa voie, peut-être d’accomplir un exploit. Alors que le narrateur, désespéré s’apprête à partir vivre sa nouvelle condition, Angela sa soeur et Norman trouvent un succédané de sang dont Vladivost n’a que faire mais Sébastien prouve son courage en essayant de combattre Teridakian le chasseur de vampires. Il retrouve enfin in extremis son état d’humain avec les avantages mais aussi les inconvénients !
Assez intéressant car cette fois encore un personnage est amené à choisir un état en pesant le pour et le contre.

Dracula fait son cinéma de J.L. Craipeau. Castor Poche Flammarion. 1997.
Georgiu, jeune médecin, revient sur les lieux de son enfance : orphelin, sauvé bébé par un loup mystérieux, il a été élevé par son oncle puis par le comte Vlad Dracula, dans le château duquel on va tourner un film. Mais bientôt la mort rôde, réactivant les peurs ancestrales et mythiques chez les villageois. Seul Georgiu demeure convaincu de l’innocence de son père adoptif qu’il retrouve vieilli et usé. Ce dernier ne supporte plus le sang humain et difficilement celui des animaux ! La coupable se révélera être une vampire-femme, une strige venue, sous les traits de la réalisatrice- productrice Strigia Straw ( !), combattre son ennemi. Elle sera finalement vaincue, entraînant le comte avec elle dans la mort.
Roman intéressant car il insiste sur le côté humain de Dracula, toujours vu par le regard ému et respectueux de Georgiu. L’auteur parsème son texte d’indices que les plus futés relèveront ; plusieurs retours en arrière, contractions et dilatations temporelles qui complexifient l’intrigue.

Le souffle du vampire de R.L. Stine. Chair de poule. Bayard Poche. 1998.
Freddy adore terroriser le petit Thomas dont il assure la garde en lui racontant des histoires épouvantables. Il faut dire que lui et son amie Clara rivalisent dans ce domaine comme dans d’autres : n’ayant peur de rien, se battant sans arrêt ! Ils découvrent par hasard une pièce secrète dans la maison du garçon : ils y trouvent un cercueil et une bouteille portant une inscription "Souffle du vampire". Incapables de ne pas se disputer selon leur habitude, ils cassent la bouteille, réveillent le comte Nightwing (qui heureusement ne trouve plus ses canines) et vivent une situation périlleuse, à une autre époque, dans le château du vampire. Revenus chez eux et toujours poursuivis par le comte, ils apprennent que Freddy n’est autre que le petit fils de Nightwing ! Encore sous le choc de cette bouleversante nouvelle, Freddy découvre une autre bouteille ("Salive de loup-garou") que bien sûr sa camarade lui dispute et qu’ils cassent...
Facile, plus humoristique qu’effrayant.

Le métro vampire de R. J. Black. Zone d’ombre. Bayard Poche. 1997.
Fred fait la connaissance d’un homme étrange, Valentin Cutter qui semble chercher son amitié... Mais Valentin est un vampire et sa communauté, terrée dans d’anciennes rames de métro, aimerait bien envahir la ville, voire davantage. Fred et ses amis, notamment Gaby, se retrouvent en mauvaise posture mais Valentin les sauve en se sacrifiant...
Fin ouverte, comme souvent dans cette série.

Le signe du vampire de M. Amelin. Polar gothique. Bayard Poche. 1999.
Parce qu’il possède un livre unique et très précieux convoité par un vampire, Alexandre est en danger... En effet, Vlad, le tyran de Runagrie, chassé par les révolutionnaires, a encore des partisans qui le soutiennent. Ses parents ayant été assassinés comme des milliers d’autres personnes, Alexandre n’a plus rien à perdre et va affronter courageusement ce monstre sanguinaire.
Frissons et hémoglobine garantis !

L’éveil du vampire de K. Quenot. Série "Les compagnons de la peur". Albin Michel Jeunesse. 1999.
Chaque titre met Thibaut et ses copains dans des situations étranges et périlleuses, non dénuées d’humour et dont la fin heureuse est garantie...
Cette fois-ci, le nouveau voisin, Alain Robak, intrigue la bande : réalisateur de films d’épouvante, sa maison regorge d’horreurs, style un mouchoir (certifié authentique !) ayant appartenu à Vlad Dracul, portant des traces de son sang, un cercueil contenant un cadavre plus vrai que nature (souvenir d’un film précédent), etc. Les garçons savent que le cinéaste les provoque et n’apprécient pas toujours son humour... Voulant braver le sort, Thibaut, poussé par ses copains utilise le mouchoir du vampire dont le sang coagulé se met tout à coup à couler ! Craignant le pire, ses copains l’imitent par solidarité. De fait, ils sentent qu’une transformation, lente mais inexorable s’opère en eux, l’envie de mordre les tenaille et ils savent que le "Maître" arrive. Conscients du danger et finalement peu ravis de leur nouvel état, aidés d’Anita la sœur de Thibaut, d’Alain Robak -mort de trouille mais dont l’expérience va servir- et surtout de Docteur Pampelune (le faux-cadavre), ils vont réussir in extremis à tuer le vampire imprudemment réveillé.
Facile à lire, utilisant tous les stéréotypes du genre et du mythe, jouant le chaud et le froid tour à tour.

Le petit vampire de R. Welsh. Arc en poche. Nathan. 1981.
Une belle histoire symbolique entre une vieille dame au cœur tendre et une chauve-souris qui pourrait bien apaiser l’humanité. Lorsque Madame Lizzi découvre Vampirot, elle le nourrit de lait et le dorlote. Celui-ci révèle soudain son étonnante particularité : il suce la bile des humains et par conséquent toute leur mauvaise humeur. Hélas le professeur Obermeier hospitalise Vampirot pour l’étudier et le petit vampire dépérit. Sa protectrice viendra à son secours, bien décidée à recruter d’autres compagnons capables de calmer tous les grincheux du monde !

Destination cauchemar de Gudule. Pleine Lune Noire. Nathan. 1998.
Léa se demande pourquoi sa maman va si souvent chez le coiffeur ces derniers temps. Elle la suit et découvre que sa mère se rend en fait dans un salon de réalité virtuelle où, munie d’un casque, elle s’endort pour deux heures durant lesquelles elle plonge dans un univers programmé ! Léa s’endort sur ses genoux et part à son tour dans la réalité virtuelle choisie par sa mère, devenue en l’occurrence, "zigouilleuse" de vampires. Mais la fillette apprend par la même occasion que mourir dans cet univers équivaut à mourir dans la réalité car le sommeil est programmé pour deux heures : quoi qu’il arrive, impossible de réveiller la personne ! Or, l’aventurière est en bien mauvaise posture... Léa n’a d’autre solution que d’appeler son père à la rescousse. Ils ne seront pas trop de trois pour vaincre le vampire avant de revenir sur "terre" !
Un livre facile qui pourrait aussi prendre place dans un réseau "ordinateurs et réalité virtuelle". Le "happy end" convenu et le clin d’œil final n’empêchent pas forcément de méditer sur le danger de vouloir éprouver des sensations fortes.

Bon sang, le prof est un vampire ! et Bon sang, ils vont manger Laura ! de J. Piasecki. Pocket Junior "Frissons". 1997.
Deux romans humoristiques, pleins de rebondissements qui mettent aux prises les élèves d’une classe de CM2 avec un instituteur peu ordinaire : Maître Vic est en effet un vampire tout ce qu’il y a de plus authentique mais qui a décidé de prendre sa retraite et de gagner sa vie en se consacrant à l’éducation des jeunes. Ceux-ci se rendent bien vite compte des manies et des phobies du nouveau prof, surtout Laura qui de ce fait va le mettre en difficulté. Poursuivi par des détectives privés mais également harcelé par sa propre famille qui ne désespère pas de le remettre dans le droit chemin, Maître Vic aura fort à faire pour prouver sa bonne foi, gagner le coeur de ses élèves puis enfin sauver Laura et ses compagnons des griffes de Vanna. En effet son ex-fiancée envisage tout bonnement que ses prisonniers servent de plat de choix au grand banquet qu’elle organise à Royaumvamp !
Bonne parodie, nombreuses trouvailles sémantiques.

Le dernier des vampires, La vengeance du vampire et L’île du vampire de W. Hall.Castor Poche. Flammarion. 1988, 1999 et 2000.
L’auteur, nous dit-on, travaille sur le neuvième tome des aventures du comte Alucard, mais nous ne disposons que de trois traductions à ce jour !
C’est à la famille Hollins qu’il revient de faire connaissance avec le "dernier des vampires" : Albert, Euphémia et leur fils Edgar, perdusdanslanuitcampentauxpiedsduchâteaudela famille Dracula ! Maislepropriétaire actuel est tout ce qu’il y a de plus inoffensif : raffiné, élégant, gentil à souhait et surtout, végétarien ! Alucard voudrait qu’on l’aime et qu’on reconnaisse enfin sa vraie nature. Mais l’inversion du nom ne suffit pas à vaincre la peur ancestrale et la bêtise des villageois qui réussiront à détruire, une nouvelle fois, le château. Aidé de ses amis, le comte s’enfuit mais doit les quitter, faute de papiers.
Le deuxième tome est le récit de ses aventures dont on a tiré un livre : condamné une nouvelle fois à l’errance, poursuivi de toutes parts, il découvre le monde du cinéma, ses excès et ses mensonges, avant de pouvoir regagner le havre de paix qu’il a déniché en Grande-Bretagne.
Dans le troisième, il a pu reconstruire son château grâce au succès de son livre mais doit le quitter à nouveau afin de sauver un jeune loup enlevé pour satisfaire les caprices d’un milliardaire. Ses pérégrinations le mènent sur une île paradisiaque mais déserte, sur laquelle il rencontrera néanmoins le descendant du baron Frankenstein, condamné à la fuite et à l’errance perpétuelles comme lui, en raison du monstre qui l’accompagne...
Derrière l’humour et la parodie, se cache toute une réflexion sur les apparences et la souffrance de ne pas être reconnu pour ce que l’on est réellement.

Vampire malgré moi de A. Martin. Folio Junior. Gallimard. 1999.
Les aventures rocambolesques de Ilia que tout le monde croit mort et qui, lorsqu’il se réveille passe donc pour un mort-vivant, un vampire... Echappant de peu au massacre, il se réfugie dans la forêt cherchant à se persuader qu’il doit assumer sa nouvelle condition...
Humour et fantastique se côtoient dans cette histoire foisonnante qui pourrait bien essayer de faire réfléchir sur la quête de soi et la relativité des croyances.

Le vampire de B. Faas Rice. Bibliothèque Verte. Série "Panique au centre commercial". Hachette Jeunesse. 1997.
Ce vampire-ci n’est pas d’opérette, il a survécu à sa précédente "exécution" et c’est sous le nom de Cauldar (anagramme de Dracula) qu’il ouvre un institut de beauté dans lequel , aidé de Lilith, chauve-souris à ses heures, il réussit à attirer les jeunes filles... Molly et Gail, la soeur de Charlie, s’y laissent prendre. Quand celui-ci découvre la vérité, il décide de tuer Cauldar, aidé de son amie Martha. Ils y parviennent au prix de grands dangers mais il semble que la relève soit prise...

Je vais te manger ! de R. Belfiore. Comète Fantastique. Nathan. 2002.
La curiosité de Caroline, aidée de Tony et de Ugo, ses amis, les mène clandestinement dans la maison d’un mystérieux voisin, Emil Brancusi. La cave de ce dernier cache une monstrueuse plante carnivore qui ferait bien de Tony son déjeuner !
L’amour d’un homme pour sa femme l’a conduit à la folie. Né dans la ville natale de Vlad Tepes et élevé par un oncle qui lui a montré la tombe de Dracula, Emil s’est efforcé, après la mort de sa tendre épouse, Elisabeta, de la ressusciter... Dans le mélange des cendres de sa femme et de la terre du cercueil de Tepes, il a semé les graines d’une plante carnivore !
Une variation originale sur le thème du vampirisme.

Zelna contre les vampires et Les vampires contre-attaquent de S. Benson. Milan Poche Junior "Fantastique". 2000 et 2001.
Dès qu’il arrive dans sa classe, Zelna tombe sous le charme de Zak, mais il se montre d’abord froid et distant : la jeune fille, sorcière par ailleurs, n’arrive même pas à sonder son esprit ! Il faut dire qu’il cache un lourd secret : il appartient au monde des créatures de la nuit et, bien qu’il refuse de tout son être sa transformation imminente en vampire, il sait que les forces du mal le guettent en la personne de Merlak qui n’hésite pas à occuper le corps d’un professeur pour mieux le harceler. Mais les sorcières, dont les pouvoirs bienfaisants sont méconnus, vont l’aider à exaucer son vœu : prête à sacrifier sa vie, Zelna, guidée par sa tante, sa mère et l’experte de la Guilde des sorcières, permettra à Zak de passer du côté des "guérisseurs".
Une belle histoire sur le désir farouche de choisir son destin quelles qu’en soient les conséquences.
Bien évidemment, Merlak ne lâche pas une proie aussi facilement et nos deux héros vont être soumis à de rudes épreuves pour que Zak puisse lui échapper. Cette fois-ci, c’est lui qui sauvera Zelna...

Mademoiselle V . de J.B. Evette. Magnard "Fantastiques". 1999.
Hélène, la narratrice, prend le métro avec ses amis comme chaque jour. Soudain, son ami Julien s’effondre. Il est blessé au cou... Hélène se souvient d’une étrange fille aux cheveux noirs et au regard hypnotisant... Dès lors, fascinée, elle n’a de cesse que de la retrouver, de savoir qui elle est. Aidée par un clochard, au bout d’une longue course poursuite et d’une bagarre, elle finit par découvrir son repaire et entrer en contact avec celle qui semble bien être une vampire. Emue par la solitude de cette jeune fille qui n’a même pas de nom, Hélène n’aura pas le temps de se demander s’il s’agit de la naissance d’une amitié car "Mademoiselle V." est repérée puis tuée.
Une histoire assez curieuse -est-ce le ton, le style, l’intrigue qui est somme toute bien mince ?- qui n’emporte pas vraiment l’adhésion... Le point de départ, la morsure, semble n’être qu’un prétexte au cheminement intérieur d’une adolescente fascinée par une autre...

Terminus : Vampire city de M. Honaker. Cascade , série "Le commandeur". Rageot Editeur. 1998.
Nouvel épisode des aventures du Commandeur, alias Ebenezer Graymes, démonologue à l’université de Columbia. C’est lui qui mettra la police sur la piste de Porfyro en lui apprenant qu’il s’agit en fait d’un vampire ! Mais ce qui intéresse le Commandeur, c’est de remonter jusqu’au Maître : Carus Edelmork. Celui-ci se terre dans le métro où lui et les siens attirent des voyageurs qui ne peuvent plus remonter... Parmi eux, la petite Maud, promise au Hiérarque. Grâce à la ruse et à ses immenses pouvoirs, le Commandeur réussira à vaincre les forces du mal.
Un personnage mystérieux et fascinant, presque aussi sombre que ceux qu’il combat.

Là où vivent les morts de M-H. Delval. Tribal. Flammarion. 1999.
Il est des vampires qui aspirent au repos, il suffit juste qu’on les y aide un peu... Depuis deux cents ans le comte Guillaume de l’Hermitière erre aux alentours du cimetière au sein duquel il est censé dormir éternellement... Il ressasse le meurtre de sa bien-aimée Sophie qui s’est jetée devant son rival qu’il visait. Il a alors retourné l’arme contre lui... Mais il n’est pas le seul à ne pas trouver le repos : Mélanie, la jeune fille qu’il n’a pu s’empêcher d’attaquer est devenue elle aussi vampire et il lui faudra accomplir lui-même le rituel pour l’apaiser. Et c’est Julie De Bois-Beaufort, âme errante également, qui l’incitera à se laisser consumer par le jour, avec elle.
Une histoire concise et poétique ayant pour cadre essentiel un cimetière, un parc et une grande demeure en ruine, qui se déroule à l’insu des humains, si ce n’est d’Albert le fossoyeur, témoin intuitif des imperceptibles changements qui surviennent dans son univers familier.

Fille de vampire de S. P. Somtow. Pocket Junior "Frissons". 1999.
Jonnhy, quinze ans bientôt seize, est en pleine crise d’identité personnelle : il a à peine connu son père, sa mère porte un nom juif, son grand-père est d’origine indienne, sa demie soeur a un père norvégien, parti lui aussi... Aussi, a-t-il l’impression d’être moins seul lorsqu’il rencontre Rebecca, fille d’un vampire et d’une humaine, bientôt sommée de choisir sa future condition : l’éternité ou pas ! Très amoureux l’un de l’autre, ils s’interrogent et essaient chacun de convaincre l’autre d’embrasser son état. Jonnhy découvre le monde de la nuit, côtoie les "amis" de Rebecca et découvre qu’il pourrait bien être tenté de partager cette "vie". Néanmoins, après avoir subi une sorte de rite d’initiation (vision et communication avec les esprits) grâce à son grand-père, il décide définitivement de choisir la vie humaine dont il a découvert que la finitude fait le prix.
Moins pathétique que le suivant mais profond à sa manière, une réflexion sur ce qui fait la valeur de la condition humaine. Pour les plus âgés.

Fascination de S. Meyer. Hachette Jeunesse. 2005. Traduction (Etats-Unis, Twilight ) de L. Rigoureau.
Isabella, lycéenne de 17 ans, quitte Phoenix (Arizona), pour rejoindre son père, dans une bourgade pluvieuse située au nord-ouest de Washington. Plus mûre que les jeunes de son âge et surtout que sa propre mère, Bella a décidé de laisser cette dernière vivre sa vie avec son amoureux et de s’occuper enfin de Charlie, un policier affectueux mais solitaire, pas vraiment remis de la fuite de sa femme ... Contrairement à ses craintes, l’adolescente s’intègre mieux que prévu à Forks : elle se fait rapidement des amies et ne laisse pas indifférents les garçons, malgré le peu d’indulgence qu’elle s’accorde, en raison de ses maladresses pathologiques et de sa personnalité complexe, qu’elle ressent comme une différence.
En revanche, elle « craque » complétement devant Edward Cullen, aussi énigmatique et beau qu’inaccessible à ses yeux. Déroutée et blessée par l’attitude contradictoire du jeune homme à son égard, elle passe cependant son temps à l’observer finement. Il la sauve miraculeusement deux fois de suite et elle finit par découvrir la véritable nature, vampirique, d’Edward ! Aussi « mordu » qu’elle, il a vainement cherché à la fuir et se résout à la protéger, alors qu’elle devrait se protéger de lui ! Insassiable, Bella apprend tous les secrets des Cullen, famille de vampires moins monstrueux que bien des humains parmi lesquels ils ont choisi de vivre. Ils « l’adoptent » et feront tout pour la sauver d’un autre vampire chasseur. L’épilogue est résolument ambigu et chaque lecteur comprendra ce qu’il lui sied : Edward et Bella rivalisant d’amour total et absolu l’un pour l’autre, lui fera-t-il perdre sa qualité d’humaine, qui le charme tant, comme elle l’en conjure ?
Un récit à la première personne qu’on lit d’une traite, car il fait partager aux lecteurs tous les sentiments et les émotions de Bella, laquelle compense sa « faiblesse » d’humaine (face aux étonnantes qualités d’Edward) par une observation aiguë, une analyse lucide, acerbe et ironique des réactions de chacun, notamment celles d’Edward, nous le rendant ainsi aussi proche qu’elle.
Une histoire d’amour et d’éternité, renouvelant de façon originale les stéréotypes du genre par la métaphore filée de l’amour et du désir qui vampirise les êtres, interrogeant les parts d’humanité et de violence qui cohabitent en nous.
Le titre de ce premier roman tient donc ses promesses dans tous les sens du terme ; la suite, Tentation , paraîtra en novembre 2007, pour le plus grand plaisir de tous les lecteurs, jeunes et adultes, qui l’ont plébiscité.

La solitude du buveur de sang de A. Curtis Klause. Pocket Junior "Frissons". 1994. [5].
Alternance de points de vue (Zoé, Simon et ainsi de suite) pour un roman fantastique certes mais qui donne plus dans l’éthique que l’horreur... Zoé lutte seule face à la maladie de sa mère, le désespoir de son père et sa propre souffrance. Elle rencontre Simon, vampire malheureux de devoir tuer pour se nourrir... Ils s’aideront mutuellement : il trouvera la force de mourir et elle de continuer à vivre plus sereinement.
Un très beau roman (liste 3ème) qui met en présence deux adolescents (Simon a 300 ans mais pas d’âge !) en grande souffrance morale et psychologique et qui, au-delà des frissons annoncés, pose des questions essentielles...

La parade des monstres, L’assistant du vampire, Les égouts du diable, La montagne des vampires de D. Shan. Pocket Junior. 2001, 2001, 2002 et 2002.
Saga qui comprend déjà quatre tomes : l’auteur en annonce une vingtaine... Récit présenté comme véridique ( !) de Darren Shan, un adolescent d’une douzaine d’années, fasciné par les araignées. Cette passion l’amène à se rendre avec son ami Steve, à la représentation donnée par M. Krapula qui travaille au "cirque des horreurs". Steve démasque l’artiste qui est en réalité un redoutable vampire et le somme de le prendre comme assistant... Mais Krapula refuse car le sang de Steve recèle quelque chose de mauvais. Pour sauver son ami de la mort, Darren (qui, entre temps, a volé et dressé la monstrueuse tarentule de Krapula) est contraint de devenir son assistant... Condamné à être vampire, il organise aux yeux de sa famille la mise en scène de sa mort !
Darren commence son apprentissage de vampire auprès de Krapula mais le sang humain lui répugne... Il compte des amis dans le cirque et fait la connaissance d’un jeune garçon, Sam Crest, qui ne rêve bientôt plus que d’intégrer cette nouvelle famille. Mais une nuit, un militant écologiste libère un des pensionnaires du cirque, l’homme-loup qui va faire de Sam sa proie.... Désespéré, Darren se laisse convaincre de boire le sang de son ami afin de rester en communion avec lui.
Dans la suite de ses aventures, Darren va devoir affronter Morloch, le vampirate pour sauver ses amis Evra, le garçon-serpent et Debbie dont il vient de faire la connaissance en ville. Ensuite, il part renconter le Conseil des vampires généraux dont tous les membres ne lui sont pas favorables loin de là... Il va devoir accomplir l’épreuve suprême, réputée extrêmement difficile !
Romans fantastiques assez captivants, dans lesquels les influences de l’écrivain R. Bradbury ( La foire des ténèbres, 1971 pour l’édition française) et du cinéaste Tod Browning (Freaks, 1932) se font sentir.

Je citerai enfin quelques ouvrages en lien avec le sujet , dont la lecture pourra intéresser les élèves et susceptibles d’être exploités pour leurs aspects informatif et/ou parodique que l’on s’empressera de pasticher !

Vert de peur, mort de rire de Gudule /A. Wilsdorf. "Ca va pas la tête". Nathan. 2000.
"Les meilleurs trucs pour affronter les situations les plus terrifiantes" et notamment pour ce qui nous préoccupe le Conseil n°1 : "Que faire si un vampire pénètre dans ta chambre pendant la nuit ?
Amusante réserve d’images et d’idées (il y a des créatures pour tous les goûts : ogre, loup-garou, sorcière, morts-vivants et bien sûr, la pire de toute : tante Adèle... Educateurs rigides s’abstenir !

Au secours ! Les vampires de C. Hawkins. Albin Michel Jeunesse.1993.
A mi-chemin entre le récit et le documentaire, un mini-livre (10,5x10,5cm) animé, au contenu minimaliste !

Les vampires de C. et J. Hawkins. Folio cadet rouge. Gallimard Jeunesse. 1996.
Dans la même veine que celles consacrées aux monstres, pirates, sorcières et autres fantômes, voici donc des informations plus que fiables ( !) sur les vampires, suivies d’une journée typique, celle de la famille Von Raisiné.
Rendons hommage à C. Lauriot Prévost qui a réalisé l’adaptation française, étant donné l’humour, la parodie et les jeux de mots dont il a fallu rendre compte.

Petit lexique des vampires de M.C. Delmas/M. Cabanes. Chauve souris. Syros Jeunesse. 2000.
L’essentiel en quatorze mots auxquels l’auteur consacre à chaque fois un texte, d’une page environ, simple et sérieux. L’humour et le décalage dominent en revanche dans les illustrations noir et blanc occupant parfois une double page.

Les mêmes ont réalisé d’autres lexiques : sorcières, fantômes, fantastique...

Enfin, le lecteur passionné n’oubliera pas de consulter l’ouvrage de P. Van Loon et J. Didden paru chez Hachette Jeunesse dans la collection Vertige Cauchemar en 2000 : Petit guide à l’usage des amateurs de vampires .
Non dénué d’humour et bien documenté, cet ouvrage fait le tour de la question ou presque... Il comporte même une liste d’ouvrages pour la jeunesse consacrés aux vampires, dont certains que je n’ai pas présentés ici, tant le thème fait recette...

Par ailleurs je rappelle l’existence de l’excellent numéro de Griffon consacré au sujet : "Vampires... un sang d’encre" (n°145, janvier-Février 1995).

ANNEXE

Exemple d’interview du personnage de vampire mis en scène dans le livre lu, imaginée par des élèves de quatrième d’Aide et de Soutien. Les réponses sont rédigées à la première personne du singulier et servent de base à la restitution orale en classe.

-  Comment t’appelles-tu ?

-  Quel âge as-tu ?

-  Où habites-tu ?

-  Où dors-tu ?

-  Quels sont les noms des membres de ta famille (parents et/ou enfants, etc.)

-  As-tu des amis, lesquels ?

-  As-tu des ennemis ? Lesquels ?

-  As-tu une activité principale dans la vie ?

-  A quoi ressembles-tu physiquement ?

-  Quels sont tes qualités et tes défauts ?

-  Pourquoi es-tu devenu un vampire ?

-  Est-ce que ça te plaît ou pas d’être un vampire ? Pourquoi ?

-  Qu’est-ce qui a changé pour toi entre le début et la fin de tes aventures ?

Elizabeth Vlieghe. IUFM Nord-Pas de Calais. Réécriture de deux articles pour la revue Recherches, numéros 34 et 35. Premier et deuxième semestres 2001.

[1] Entretien avec un vampire, Lestat le vampire, Le voleur de corps. Presses Pocket.

[2] Héroïne du livre éponyme de John Sheridan Le Fanu (1872)

[3] titre qui peut s’insérer également dans un réseau « Conte parodique », cf. le numéro 21 de la revue Recherches, deuxième semestre 94.

[4] Titre qui peut s’insérer dans un réseau autour de l’auteur Gudule.

[5] Titre qui pourrait s’insérer dans un réseau autour des narrations complexes, cf. le numéro 24 de la revue Recherches, premier semestre 96.