Anne Duguël écrit pour les adultes (Denoël)... Quand elle écrit pour la jeunesse, elle s’appelle Gudule. Elle se présente elle-même comme une "monomaniaque" [1] de l’écriture, d’où une production abondante et variée qu’on a de la peine à suivre ! Gudule passe en effet avec aisance d’un genre à un autre, traitant des problèmes de société dans des romans de type réaliste ou historique, maniant l’humour, le mystère, imaginant des intrigues fantastiques ou de science-fiction quand elle n’écrit pas en vers ! Un point commun à tous ces ouvrages cependant : la dénonciation de toutes les exclusions, de toutes les souffrances, de toutes les injustices, le refus du pouvoir de l’argent et de la bêtise humaine, que l’on retrouve en filigrane, même dans ses livres les plus "légers".
Un écrivain "engagé" donc, porteur de valeurs, qui aidera les jeunes à réfléchir, à aller un peu plus loin, même si l’auteur se défend de faire de "l’éducatif" et du prosélytisme, déclarant "raconter des histoires", pour "faire du bien"... Tous les héros de Gudule sont des enfants, mais à part cela, c’est bien la seule différence qu’elle voit entre les livres qu’elle écrit pour eux et ceux destinés aux adutes. Ajoutons qu’elle accepte volontiers de rencontrer ses lecteurs, ce qui légitimera la constitution d’un réseau autour de son oeuvre.
Prince charmant poil aux dents . Syros. 1987.
Il s’agit d’un album à la fois fantastique et farfelu. La narratrice est demoiselle d’honneur, comme Noémie et Léontine, au mariage de la cousine Adèle. Toutes trois, s’ennuyant, décident d’entrer dans un tableau qui représente un très joli paysage. Elles y rencontrent un prince charmant que Noémie accepte d’épouser. Elle ignore que celui-ci est un horrible monstre qui cherche à retrouver son apparence première ! Voyant qu’il est déjoué, il cherche à la manger et les demoiselles ont tout juste le temps de repasser dans le salon, Bolduc restant bloqué dans le tableau. Et soudain, coup de théâtre, tante Agathe reconnaît son amoureux ! Elle et lui étaient reine et roi des monstres deux mille ans auparavant ! Aidée par ses nièces, elle passe à son tour dans le tableau rejoindre son aimé. Ils ne retrouveront pas leur apparence de monstres mais se promettent du bonheur...
"Les aventures de Zoé la trouille" : série. Mini-Rose. Hachette Jeunesse et notamment Le dentiste est un vampire . 1996.
"Petite fille bourrée d’imagination et qui a peur de tout" -qui pourrait bien ressembler à Gudule enfant-, Zoé est aux prises ici avec un dentiste vampire, ainsi que cinq autres enfants. Ils devront s’unir pour lui résister. Ce qui est intéressant dans cette histoire, c’est que sa presque totalité constitue en fait le "cauchemar" dont la petite fille est la proie durant l’anesthésie qu’on lui fait pour arracher sa dent, à moins que...
En tout cas on peut aborder la notion de durée (contraction-dilatation) puisque toutes les péripéties racontées sont censées se dérouler sur quelques minutes.
Mémé est amoureuse . Souris noire. Syros. 1992.
Dans le genre vieille dame indigne, la grand-mère de Miquette (12 ans) se pose là : elle est amoureuse et a donné rendez-vous au tout jeune facteur. Mais les futurs héritiers ne sont pas décidés à se laisser spolier : ils l’endorment et la transfèrent illico au "Domaine de Bois-Joli, le paradis du troisième âge" ! Mal leur en a pris, ils assisteront verts de rage, au mariage de l’aïeule et de Charles, le directeur du centre ! Mémé consacrera tout son argent à la restauration des bâtiments. Joie de Miquette qui avait organisé, avec l’aide du gentil facteur Frédéric, une expédition destinée à délivrer sa mamie !
Agence Torgnole, frappez fort . Souris Noire Plus. 1990.
Encore moins facile à se procurer que le précédent [2], (d’ailleurs je n’y suis pas parvenue !), ce livre met en scène Fanny qui ne supporte plus que l’on maltraite les enfants. Aussi a-t-elle décidé de créer l’agence Torgnole pour venir en aide à tous les enfants qu’on maltraite...
L’école qui n’existait pas . Pleine Lune. Nathan. 1994.
Mickette est envoyée en pension par son père qui l’a en garde car ses notes sont catastrophiques ! La voilà donc, conduite par M. Dubrunet, vieil ami "original" de son père, à la pension Suave. Tout y est vieillot, austère et bientôt mystérieux... En effet les vingt trois autres pensionnaires semblent toutes orphelines et être arrivées le même jour ! Rebelle à l’autorité dont on use à son égard, curieuse et fouineuse, la fillette découvre rapidement la clé du mystère : toutes les pensionnaires et le personnel sont des robots (qui pourraient bien mettre sa vie en péril) conçus par le génial et fou Dubrunet, instituteur déchu, nostalgique de la morale d’antan, qui a ainsi recréé une classe idéale à ses yeux. Sa seule erreur fut de vouloir tester ses méthodes pédagogiques sur une petite fille en chair et en os !
Le château des chiens perdus . Poche Jeunesse Cadet. Hachette. 1996.
Où l’on retrouve Mickette furieuse parce que son papa est tombé amoureux de Laurence et que tous trois passent les vacances à Paniépiano où celle-ci possède une maison de campagne. S’ennuyant ferme la fillette entre par hasard dans un musée où un gardien étrange lui raconte l’horrible légende de la comtesse de Paniépiano, dresseuse de chiens monstrueux qu’elle affamait, qui la dévorèrent et dont le fantôme vient hanter le château toutes les nuits ! D’ailleurs elle rencontre un petit garçon pleurant la disparition de son chien qui lui apprend que d’autres ont disparu : d’après lui c’est la comtesse qui les enlève ! Décidés à en avoir le coeur net, ils pénètrent dans le château et découvrent un horrible trafic de chiens enlevés et gavés pour fabriquer du foie gras ! Sauvés par les chiens, les enfants permettent l’arrestation de la fausse comtesse et de son complice. La vraie quant à elle -amie des bêtes- est alors réhabilitée par Laurence, sa descendante...
A noter au passage la présence quasi permanente des animaux (chiens et/ou chats) dans les romans de Gudule, compagons fidèles des héros, à l’aide souvent précieuse, parfois objets de mauvais traitements toujours violemment dénoncés.
Le manège de l’oubli . Pleine Lune. Nathan. 1997.
Lola se réjouit de monter dans le train fantôme pendant que ses parents sont sur des chevaux de bois. Mais le train s’arrête et la fillette découvre l’horreur : des enfants, maltraités, en haillons, sont contraints de travailler comme des esclaves ! Léo, qui a réussi à s’échapper, la rejoint et tous deux fuient les bourreaux dans la fête foraine. Mais tous les adultes semblent amnésiques, y compris les parents de Lola ! Il lui faudra beaucoup de courage et de détermination ainsi qu’à Léo pour réussir à démasquer l’odieux M. Mégalo qui a imaginé cette odieuse machination uniquement pour gagner de l’argent.
Des thèmes chers à l’auteur au sein d’une intrigue fantastique.
Au secours, je suis invisible ! Lune noire. Nathan. 1997.
Nina passe ses vacances chez sa mamie à la campagne et s’indigne quand elle découvre chez le vieux Gaspard Torve des animaux emprisonnés visiblement destinés à fabriquer toutes sortes de potions maléfiques ! En revanche, elle ne résiste pas au plaisir d’essayer la potion qui donne l’invisibilité, sans réfléchir aux conséquences. Mais l’amusement et les facéties cèdent la place à l’angoisse surtout quand elle constate qu’on accuse sa grand-mère, victime des ragots et des jalousies, d’avoir assassiné sa petite fille ! Mamie, qui a rompu avec Gaspard pour cause de sorcellerie, refuse de céder à son chantage et il faudra à Nina toute son énergie et tout son amour pour sa grand-mère ainsi que l’aide de son chien pour démasquer le coupable -qui préférera devenir souffle à son tour- et retrouver apparence humaine...
Les poilantes aventures de René, le virus . Délires. Bayard. 1996.
Style alerte pour des aventures "hygiéniquement peu correctes" ! En effet, René est un virus qui passe son temps à chatouiller les narines de ses hôtes, d’où les métaphores mutiples et un champ lexical abondant et varié sur le sujet... Clovis, fils du docteur Proprenett, immunisé contre tout ou presque et Seb, fils d’éboueur, ennemis jurés, vont devoir unir leurs forces pour sauver leur copine, Marie-Marie et bientôt toute la classe, de la bonbonite aiguë inoculée par l’odieux épicier M. Doucet. Aidés de Clebs, un chien malodorant mais au flair infaillible et de René toujours prêt à déployer ses palpeurs, ils retrouveront les vaccins du docteur qui pourra fabriquer un antidote.
Il s’agit presque d’un exercice de style dans la mesure où le récit est narré par René, être microscopique et inconnu des humains, qui sait tout et ne peut rien leur dire et dont nous avons le point de vue tout au long du récit.
Rosaloche la moche . Croche Patte. Syros. 1987.
Rosalie, 9 ans ne jure que par Marilyn Monroe, son idole. Elle se voit belle comme elle : c’est Rosalie-moi ; mais la dualité larvée entre ce fantasme et la réalité (elle est maigre, rousse, a un grand nez) éclate le jour où, sa myopie découverte, elle doit porter des lunettes. Pour couronner le tout, sa mère lui fait couper les cheveux ! Elle devient donc à ses propres yeux "Rosache-la-moche", à la tête de grenouille, qu’on prend pour un garçon. Heureusement, grâce notamment à une visite au Louvre et à sa grand-mère, Rosalie va découvrir que les goûts et les normes en matière de beauté évoluent au gré des époques et que tout est relatif. Cela lui permettra de se trouver une nouvelle idole et surtout de se réconcilier avec son physique.
Bye Bye Maman . Croche Patte. Syros. 1988.
Julien, 9 ans, souffre de la séparation de ses parents. Il s’en croit d’ailleurs entièrement responsable, jusqu’à ce que son institutrice lui prouve le contraire. Reste à accepter cette nouvelle vie, deux maisons, un papa resté seul et une maman dont il faudra accepter le nouvel amoureux.
"L’instit" : série. Bibliothèque Verte. Hachette Jeunesse et notamment Aimer par coeur . 1995.
J’ai retenu ce titre car il aborde le problème du sida. Même si on n’évite pas toujours le manichéïsme, on y retrouve, à travers l’histoire d’Alain dont la vie bascule quand il apprend la séropositivité de son père, toutes les intolérances et les bêtises liées à la peur et à l’ignorance. La conclusion est optimiste : certes la maladie vaincra sans doute Pierre mais il retrouve la force de se battre et les enfants ont réussi à modifier le regard des adultes.
Ne vous disputez jamais avec un spectre ! . Vertige Cauchemar. Hachette Jeunesse. 1997.
Quelle bonne nouvelle : la famille vient d’hériter d’une grande maison à la campagne ! Mais Cyril va vite comprendre que ce n’est peut-être pas un cadeau... Il sera bientôt aux prises avec l’esprit vengeur qui a pris possession de sa petite soeur, ainsi transformée en créature de cauchemar ! (cf. le titre de la collection...)
Mort d’un chien . Verte Aventure. 1992. (Réédité sous le titre L’immigré . Poche jeunesse. Hachette).
C’est l’un des romans les plus émouvants, qui dénonce la xénophobie et les préjugés dont les étrangers sont victimes. Roberto, 10 ans, vit à Saint-Léonard dans le nord de la France en 1950. D’origine italienne, son père travaillant à la mine, il subit les moqueries de ses camarades qui le traitent de "mangeur de chiens". Heureusement, Louis, le fils de l’épicier lui offre son amitié et le défend. Mais un accident se produit à la mine, la grève se déclenche, les rancoeurs s’accroissent, les mineurs n’ont plus d’argent, l’épicier ne vend plus rien ; chez Roberto, on a faim. Et c’est le drame : le chien de Louis est accidentellement écrasé, mais sa famille lui cache la vérité et sa soeur Madeleine s’arrange pour lui faire croire que Roberto et sa famille ont tué Toby pour le manger. Roberto ne réussira pas à prouver son innocence face à Louis qui lui crie sa haine !
Ce récit commence par la fin. Un prologue et un épilogue l’encadrent pour indiquer la marque indélébile que ces événements ont laissés en Roberto à qui il aura fallu quarante ans pour retrouver sa sérénité.
La vie à reculons . Poche jeunesse. Hachette. 1994.
Thomas, nouveau venu au collège, capte l’attention de toutes les filles et notamment d’Elsa qui craque pour ses beaux yeux. L’attirance est réciproque, les deux adolescents se voient souvent, essaient d’apprendre à se connaître jusqu’au jour où, à cause d’indiscrétions successives, le secret de Thomas se dévoile au grand jour : il est séropositif, suite à des transfusions effectuées lors d’un très grave accident qui l’a immobilisé pour de longs mois. Aussitôt tous les préjugés ressurgissent chez les jeunes et les adultes. Elsa est surtout outrée que Thomas ne lui ait rien dit mais comprend mieux quand elle constate le rejet dont il est victime. Lui, décide de se battre, il ne veut ni pitié ni exclusion... En attendant, il affronte, y compris physiquement, la bande de Frankie, retrouvant ainsi l’estime de lui-même et l’admiration d’Elsa.
Roman fort, tout en nuances, que les élèves s’arrachent...
L’envers du décor . Poche Jeunesse Senior. Hachette. 1996.
Dans la lignée du précédent, l’auteure aborde de nouveau des problèmes de société mais, comme l’indique le titre, du côté des coulisses, autrement dit des exclus, des laissés pour compte. La "déchéance" est arrivée sans crier gare pour Félix et sa mère : solitude, chômage, plus de revenus, plus de toit... Le jeune garçon en fugue rencontre Ohoo au grand coeur : elle fait des ménages pour survivre et essaie de tirer son petit ami, Manu, de la drogue. Félix et sa mère retrouvent un semblant de vie dans un squatt, vivent la solidarité avec d’autres exclus, jusqu’au jour où le principal du collège veut le mettre dans un foyer de la DDASS, sans compter l’immeuble squatté qu’on détruit alors qu’il est encore occupé ! La chance néanmoins se présente sous la forme d’une mamie agressée dont Ohoo récupère le sac et qui, en apprenant la situation, propose un logement à la jeune fille ainsi qu’à Félix et à sa mère.
Malgré une fin heureuse qui soulage le lecteur mais à vrai dire peu réaliste, ce roman n’hésite pas à décrire une réalité sans concession où l’engrenage de la misère, de la toxicomanie et par conséquent du sida, sont évoqués sans fard.
La bibliothécaire . Poche Jeunesse Senior. Hachette. 1995.
Guillaume part à la recherche du Grimoire, le seul dont la possession permet d’être écrivain, par amour pour Ida, bibliothécaire de 84 ans dont les mémoires avaient fait renaître la jeune fille qu’elle avait été ; mais elle est morte avant d’avoir pu le trouver. Le jeune garçon, dont l’orthographe n’est pas le point fort, entame donc une quête au cours de laquelle il croisera, avec son copain Doudou, les héros célèbres de la littérature enfantine (Alice, Le Petit Prince, Poil de Carotte et même Rimbaud enfant), avant de se forger un style capable de faire renaître sa bien-aimée.
Un roman métaphorique et fantastique qui rend hommage à tous les médiateurs du livre, prône la lecture et l’écriture comme sources de plaisir et de bien-être et qui permettra notamment d’aborder l’intertextualité.
Après vous, M. De La Fontaine ! Contrefables . Poche Jeunesse. Hachette. 1995.
Se situant du côté de ceux que le fabuliste a décriés, Gudule a concocté dix-huit "fables" dans lesquelles elle imagine une suite à celles de La Fontaine (dont le texte précède toujours le sien), quand elle ne les récrit pas complétement ! Le loup, à qui le chasseur laisse sa chance, devient végétarien, le singe persuade les animaux malades d’unir leurs forces et leurs fonds contre la maladie plutôt que de chercher un bouc émissaire, l’un des deux pigeons devient une tourterelle et ensemble ils entreprennent un long voyage...
Des morales qui véhiculent les idées de solidarité et de tolérance chères à l’auteure.
La forêt des hurlements . Vertige Cauchemar. Hachette jeunesse. 1997.
Deux adolescents pénètrent dans une autre dimension par l’intermédiaire d’un grimoire. Ils découvrent un monde merveilleux habité par des géants et des nains craignant les hurlements des loups de la forêt. Ils découvriront à leurs dépens les manipulations horribles auxquelles se livre un docteur fou, à des fins lucratives bien entendu.
Peur garantie avant le happy end, grande richesse des thèmes de réflexion.
Le jour où Marion devint un lapin . Poche Cadet. Hachette Jeunesse. 1998.
Un petit roman hilarant dans lequel des enfants se mobilisent contre la chasse avec l’aide de Mémé Verlan et de son logiciel d’interversion ! Leur esprit va se retrouver dans le corps des animaux et vice versa. Mais leur mission acomplie, ils ne sont pas au bout de leurs peines. Il s’en faut de peu qu’ils ne restent prisonniers de leur nouvelle enveloppe !
Une amusante histoire de métamorphose sur un thème cher à l’auteure.
Au Gringo’s bar . Souris Aventure. Syros Jeunesse. 1998.
Encore une histoire d’animaux : Matt, emmené par ses parents en Equateur s’ennuie, mais il rencontre José, l’indien, et, inconscients du danger, ils décident de ramener un petit singe maltraité dans sa forêt d’origine...
Sur fond d’aventure initiatique et d’amitié, petit roman facile à lire.
Coeur de guimauve . Eclipse. Hachette Jeunesse. 1998.
Petit roman sentimental facile et court : Nina passe son temps à jouer les bons offices auprès de chacun et lorsque Denis arrive en classe avec un fauteuil roulant, elle n’a de cesse que de s’occuper de lui. Mais le garçon ne supporte absolument pas cette sollicitude et la rejette. C’est l’amour des animaux qui les réunira et Nina comprendra à quel point Denis a besoin d’être considéré comme les autres, ni plus ni moins...
La fille au chien noir Vertige science-fiction. Hachette Jeunesse. 1998.
Sur le thème bien connu du retour dans le passé pour modifier le futur, un beau roman d’amour rédigé en partie sous forme de journal intime. Le lecteur, mis sur la piste par le prologue, ne découvre qu’à la toute fin ce qu’un savant, qui a travaillé toute sa vie sur le temps, a imaginé pour éviter la destruction de la planète : tenter de modifier ce qu’il deviendra ! Et nous voilà plongés dans l’adolescence solitaire et difficile d’Alex, qui, n’a pour seuls amis qu’un chien noir et une copine imaginaire...
Subtil et émouvant.
Destination cauchemar . Pleine Lune Noire. Nathan. 1998.
Léa se demande pourquoi sa maman va si souvent chez le coiffeur ces derniers temps. Elle la suit et découvre que sa mère se rend en fait dans un salon de réalité virtuelle où, munie d’un casque, elle s’endort pour deux heures durant lesquelles elle plonge dans un univers programmé ! Léa s’endort sur ses genoux et part à son tour dans la réalité virtuelle choisie par sa mère, devenue en l’ocurrence, "zigouilleuse" de vampires. Mais la fillette apprend par la même occasion que mourir dans cet univers équivaut à mourir dans la réalité car le sommeil est programmé pour deux heures : quoi qu’il arrive, impossible de réveiller la personne ! Or, l’aventurière est en bien mauvaise posture... Léa n’a d’autre solution que d’appeler son père à la rescousse. Ils ne seront pas trop de trois pour vaincre le vampire avant de revenir sur "terre" ! Un livre facile qui pourrait aussi prendre place dans un réseau Vampires. Le "happy end" convenu et le clin d’oeil final n’empêchent pas forcément de méditer sur le danger de vouloir éprouver des sensations fortes.
L’amour en chaussettes . Thierry Magnier. 1999.
Sujet quelque peu "délicat" : Delphine est amoureuse de son professeur d’arts plastiques depuis que ce dernier a proposé un super cours sur le préservatif. L’intéressé ne rentre pas dans son jeu mais elle le harcèle... Il finit par l’inviter chez lui, où il lui présente Hans avec lequel il vit depuis cinq ans ! La leçon est sévère pour Delphine qui enfin ouvre les yeux sur son entourage et vivra sa première expérience sexuelle avec Arthur, amoureux d’elle depuis longtemps.
Rédigé sous forme de journal intime, ce roman a le mérite d’aborder sans fards les questions qui habitent ou tourmentent les jeunes et c’est sans doute faire oeuvre éducative que de dédramatiser l’usage du préservatif... Néanmoins ce récit m’a laissée mal à l’aise, peut-être parce que j’ai l’impression que si l’enseignant repousse les avances de Delphine, c’est parce qu’il n’est pas "libre" ou qu’il n’est pas attiré par les femmes... Et si ce n’avait été le cas ? A chacun de juger !
On a un monstre dans la classe . Pleine Lune. Nathan. 1999.
Une série d’historiettes dans lesquelles Cedric en fait voir de toutes les couleurs à la classe : quand il n’a pas les cheveux qui poussent, trente six bras ou qu’il ne s’est pas métamorphosé en toutes sortes d’animaux hideux et dangereux, il devient tout vert ! La maîtresse ne semble pas s’en étonner outre mesure et pour cause : elle aussi pourrait bien être "différente" !
Sous couvert d’humour et de fantaisie, un plaidoyer pour la tolérance...
Un bout de chemin ensemble et autres récits . Poche Senior. Hachette Jeunesse. 1999.
Six courtes nouvelles qui mettent en scène des humains, pas toujours heureux, et des animaux dont l’intelligence, la chaleur ou tout simplement la présence, les aident à surmonter les vicissitudes de la vie.
J’irai dormir au fond du puits . Lampe de poche. Grasset jeunesse. 1999.
Retour au fantastique avec ce roman, rédigé à la première personne, qui met aux prises Chloé et sa famille avec les esprits. Tout commence avec l’achat de cette maison isolée, la chouette crucifiée sur la porte, le chat puis le chien qui meurent. Chloé a beau ne pas croire aux fantômes, sa rencontre avec le mystérieux Anicet qui la met en garde contre les esprits, la chute de son père et la maladie de son petit frère l’ébranlent fortement. Elle découvre enfin la vérité : Anicet, rendu responsable par sa mère de la noyade de sa soeur Julia, est devenu fou : il la confond avec Julia et finit par être pris de folie meurtrière... Tout s’arrange in extremis pour l’héroïne à moins que...
Une fin ambiguë qui respecte bien les lois du genre...
La poupée aux yeux vivants . Pleine Lune Noire. Nathan. 1999.
Encore du fantastique et du paradoxe temporel pour cette histoire racontée par Barbara. Décidée à comprendre pourquoi sa grand-mère parle toujours d’une poupée aux yeux vivants, ell réussit à retourner dans le passé en passant dans une photo. Voulant exaucer le voeu de son aïeule- qui aurait voulu être écuyère-, elle empêche le cheval de celle-ci de se sauver, mais pour découvrir avec horreur que, de ce fait, sa grand-mère se tue en tombant de l’animal ! Elle retourne alors en arrière pour accomplir ce qui est arrivé : dans le corps d’une poupée, elle permet au cheval de s’enfuir... La boucle est bouclée, à moins que... (voir plus haut !).
Intéressant, car facile, pour aborder les problèmes de discontinuité temporelle.
T’es une sorcière, maman ? . Poche Cadet. Hachette Jeunesse. 1999.
Jérôme, le narrateur commence à se poser de nombreuses questions au sujet de sa mère : malgré des finances au plus bas, elle ramène de plus en plus de meubles à la maison, comme ce canapé en cuir dans lequel le garçon se lamente sur la disparition de son père, le lendemain d’une grosse dispute entre ses parents... Les soupçons l’envahissent et la vérité le submerge : sa mère, devenue une sorcière, transforme en meubles tous ceux qui l’ennuient ou lui résistent ! Son professeur de sorcellerie -métamorphosée en araignée pour la circonstance- et Jérôme ne seront pas trop de deux pour lui faire entendre raison ! Le malheureux mari, une fois redevenu lui-même, fera à son tour preuve de talents "magiques", juste pour rendre à son épouse la monnaie de sa pièce... Mais il est moins entêté que sa femme et son fils se rassure, résigné à affronter de nouvelles disputes...
Des scènes amusantes, des dialogues parfois savoureux, un petit livre très facile à lire.
La boutique maléfique . Lune Noire. Nathan. 1999.
Il s’agit du scénario qui a remporté le prix du concours "Plume en herbe 1998". Les élèves ayant lu L’école qui n’existait pas de Gudule ont imaginé une nouvelle aventure de Mickette, racontée par l’auteure
. A l’instar de ce professeur qui ne supportait plus les élèves en chair et en os, les enfants ont imaginé des marchands de jouets ulcérés par les jeunes d’aujourd’hui qui ne jurent que par les consoles et autres game-boy. Un peu sorciers, Robert et Ginette ont rempli leur boutiques de jouets anciens qui pourraient bien expliquer pourquoi tant d’enfants ont disparu ces derniers temps... C’était compter sans Mickette et son insatiable curiosité, Mickette prête à tout pour retrouver son amie Justine et pour délivrer son père !
Un roman fantastique bien rythmé et plein de rebondissements jusqu’à la fin.
N’oublions pas pour compléter ce réseau les séries "L’instit" -une vingtaine de titres- et "Les frousses de Zoé" -une douzaine-, toujours publiées chez Hachette Jeunesse.
Qui hante la tour morte ? Fantastiques. Magnard. 1999.
Contes et légendes de la peur . Nathan. 2000.
J’ai 14 ans et je suis détestable . Tribal. Flammarion. 2000.
Villa des dunes . Lampe de poche. Grasset. 2000.
Aie peur et tais-toi . Lune noire. Nathan. 2000.
La maison cannibale . Pocket Junior. 2000.
Le film dont vous êtes le héros . Lampe de poche. Grasset. 2000.
Le vampire du CE1 . Kid Pocket. 2000.
La villa qui hurle . Le cadran bleu. Editions Degliame.2000.
Horrible baby-sitting . Petits Fantastiques. Magnard. 2000.
Le garçon qui vivait dans ma tête . Toi et moi. Pocket Junior. 2001.
Contes et légendes des Fées et des Princesses . Nathan. 2001.
La nouille vivante . Etoile filante. Nathan. 2001.
Kaïra . Tribal. Flammarion. 2001.
Barbes blues . Poche Jeunesse Senior. Hachette. 2001.
Notre secret à nous . Lampe de poche. Grasset-Jeunesse. 2001.
Danger, camping maudit ! Lune Noire. Nathan. 2001.
Regardez-moi . Tribal. Flammarion. 2001.
Le grand méchant Louis . Kid Pocket. 2001.
Jurassic square . Zygomatiques. Mango Poche Cadet.. 2001.
L’adolescent de minuit . Le cadran bleu. Editions Degliame. 2001.
Salut, l’extra-terrestre ! Kid Pocket. 2001
Un studio sous les toits . Journal secret. J’ai Lu Jeunesse. 2002.
J’en ai marre des fées . Etoile filante. Nathan. 2002.
Super-Nina au zoo . Les petits romans. Nathan. 2002.
Gazelle de la nuit . Toi et moi. Pocket Junior. 2002
Ma jumelle, quel cauchemar ! Kid Pocket. 2002.
Papy et la fée . Lampe de poche. Grasset-Jeunesse. 2002.
Mon héros d’Halloween . Faim de loup. Père Castor Flammarion. 2002.
La lettre . Je Bouquine. Septembre 2002.
L’intruse . Drôles de filles. Magnard Jeunesse. 2002.
Le métro, c’est l’enfer ! . Les Fantastiques. Magnard jeunesse. 2002.
Impasse du Nord . Poche Jeunesse. 2003.
Dans les griffes du Papagarou . Lune Noire. Nathan. 2003.
Remarque : La plupart de ces titres conviennent parfaitement au niveau collège. Certains sont destinés aux plus jeunes mais peuvent être proposés aux élèves en grande difficulté ou allergiques à la lecture.
Les recueils de contes ou de nouvelles sont intéressants dans la mesure où on peut proposer un ou deux textes seulement, selon leur longueur et les capacités des élèves.